équipe nationale : La méthode Halilhodzic

Elwatan; le Dimanche 19 Fevrier 2012
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Les choix du sélectionneur, Vahid Halilhodzic, n’ont pas fait l’unanimité. Loin s’en faut. Jusque là, il n’y a rien à dire. C’est pareil sous toutes les latitudes. C’est l’exercice prisé, par excellence, par tous les journalistes du monde. Alors, le Bosnien a-t-il commis un crime de lèse-majesté en faisant l’impasse sur quelques joueurs ? Les avis sont partagés sur cette question, mais qui ne devraient pas escamoter le débat sur la question de fond, à savoir celui des critères de sélection. Sur ce chapitre, le dernier mot revient toujours au sélectionneur.

Il fut un temps, pas très lointain, où des joueurs, en manque de temps de jeu sidéral avec leur club, ont été retenus en sélection, ont pris part à des matches de Coupe du monde 2010 et Coupe d’Afrique 2010 sans que cela ne soulève le moindre commentaire ou gêne par rapport aux principes cardinaux en football, qui ne s’accommodent jamais avec ce type de largesses made in Algéria. Certes la mémoire est sélective, parfois oublieuse, mais il ne faut pas trop tirer sur la corde. A l’heure actuelle, aucun joueur n’est indispensable à la sélection.

Les états de services (passés)  ne sont pas un sésame obligatoire pour être retenu en équipe nationale. Le Bosnien sera comptable de ses choix, d’abord devant sa hiérarchie et ensuite, accessoirement, devant l’opinion.
L’équipe nationale, version 2012, est en convalescence après la claque prise à Marrakech au terme d’un parcours calamiteux en éliminatoires de la CAN 2012.Cette «performance» est elle déjà oubliée ? Vahid Halilhodzic recruté pour redresser la situation a-t-il le droit de faire l’économie d’un réajustement au sein d’un effectif qui a concouru à la débâcle de l’été dernier ? C’est par cet exercice qu’il aurait dû entamer sa mission au printemps dernier.

A la place de la rupture attendue, il a tergiversé en reconduisant le même groupe pour boucler le parcours des éliminatoires de la CAN 2012, alors que l’Algérie était déjà hors course avant sa prise de fonction. Sa stratégie, ses choix, ses options ne doivent souffrir d’aucune faiblesse. La compétition continentale est impitoyable. Le moindre relâchement, absence sur le terrain se paiera cash.
Se remettre en question perpétuellement doit être le leitmotiv permanent du coach et des joueurs qu’il aura choisis. Les états d’âme n’ont pas de place dans la stratégie de compétiteurs.

Le parcours en clubs de Vahid Halilhodzic est riche en épisodes de ce type. Son intransigeance sur ce domaine réservé et exclusif lui a  déjà valu beaucoup de tracas avec les sémaphores du gazon et leurs alliés de tout poil. Il n’a pas modifié son fonctionnement pour autant. Pousser à la limite de la rupture avec les joueurs pour tirer le maximum d’eux est un exercice qui ne fait pas peur au patron des Verts. Il est gagnant dans les deux cas. Le joueur lâche prise et ne revient plus ou s’accroche et revient plus fort.

Categorie(s): sports

Auteur(s): Yazid Ouahib

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