Exposition de l’Atelier «Soupçon d’art» à Ezzou’Art : La céramique autrement

Elwatan; le Mardi 27 Octobre 2015
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Pour ce baptême du feu de l’atelier «Soupçon d’Art» qui présente sa toute première exposition individuelle de céramique, le résultat est des plus appréciables. En témoigne notre petite escapade à la galerie Ezzou’Art, samedi après-midi, lors du vernissage de cette manifestation artistique.

Du beau monde est venu en force découvrir la toute nouvelle collection de céramique signée par ces artistes de talent. Un petit tour d’horizon permet de constater que l’espace de la galerie est bien décoré en objets pluriels en céramique. 

La cinquantaine de pièces  originales exposées a été réalisée au courant de l’année 2015. Si sur les cimaises des appliques et des horloges sont accrochées, les tables sont pour leur part bien  achalandées en  objets divers dont des plats en spirale, des plats  carrés, des plats estampillés, des tadjines, des boîtes, des bougeoirs, des vases, des coupes, des lampes ainsi que des photophones.

L’œil du visiteur est happé par cette série de bouteilles estampillées multicolores aux formes et aux styles différents. Les «khamset», déclinées sous toutes leurs formes, occupent une place de choix. Pour leur part, les couvercles des tadjines aux couleurs chatoyantes se distinguent par des formes serpentées en élévation.

Il est à noter que les tadjines en question ont été présentés dans le cadre d’une exposition de design en 2012. Ils ont été réexposés au Bastion 23 en 2013, mais comme le souligne Samia Merzouk, «puisqu’il y a beaucoup de personnes qui ne les ont pas vus, on a décidé de les ramener aujourd’hui».

En somme, l’ensemble de ces pièces d’art rivalisent de beauté et de précision dans le détail. Le patrimoine populaire et identitaire est omniprésent. Il revient tel un leitmotiv sur certaines pièces. Façon singulière pour ces artistes de préserver ce legs ancestral. Les sœurs Merzouk et le plasticien Karim Sergoua ont uni leur énergie créative pour donner naissance à une collection de céramique raffinée. Pour rappel, la plasticienne Rachida Merzouk est diplômée de l’Ecole des beaux-arts d’Alger.

Elle a enseigné le dessin au secondaire pendant plusieurs années avant de devenir illustratrice de livres pour enfants. Elle anime des ateliers d’arts plastiques pour les enfants dans plusieurs écoles spécialisées et dans des festivals. Pour sa part, Samia Merzouk est diplômée en  esthétique et maquillage professionnel. Elle a ouvert son propre institut en y travaillant pendant plusieurs années. Mais son amour pour l’art était tel qu’elle n’a pas pu s’empêcher de rejoindre le prestigieux atelier Bacha.

Le plasticien Karim Sergoua est  considéré comme la cheville ouvrière de la plupart des actions culturelles qui se déroulent en Algérie et à l’étranger. Co-fondateur de l’atelier «Soupçon d’Art», il collabore régulièrement avec les sœurs Merzouk comme conseiller couleurs. Karim Sergoua indique qu’il est content du résultat de cette exposition.

«C’est un travail, dit-il,  d’atelier, d’équipe, de longue haleine et  de maturation.  On ne participe pas aux salons. C’est un choix. Nous avons été invités à plusieurs manifestations nationales, on n’y participe pas. Nous avons une vision de la créatique qui  diffère de ce qui se passe un peu partout. On est très plastique. On est très artiste». A la question de savoir comment est conçu un objet donné, Rachid et Samia
Merzouk expliquent sur un ton passionné que le travail se fait en commun. «Quand on conçoit la pièce, on l’imagine.

Si l’un démarre avec une idée, il y a un autre qui apporte sa petite touche, et ce, jusqu’à ce qu’on arrive à la réalisation d’une pièce. A la fin, on obtient un objet où nous trois sommes intervenus». Les sœurs Merzouk indiquent que le prix de la matière  première est  certes excessif, mais le véritable problème qui se pose est celui de l’écoulement de la matière.

«Ce n’est pas évident. Les gens sont habitués à la céramique classique, dès qu’on fait des formes originales, qu’on sort des sentiers battus, les gens sont un peu affolés. Nous n’arrivons pas à écouler notre marchandise car nous n’avons pas de boutique. On travaille avec quelques boutiques, mais qui demandent de petites pièces alors que nous faisons aussi dans les grandes pièces. Pour l’instant, nous ne vivons pas de notre métier», dit-elle.
 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Nacima Chabani

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