Exposition de peinture de plasticiennes indiennes à la Galerie Racim : Quand l’onirique et le spirituel s’entremêlent

Elwatan; le Mardi 17 Mars 2009
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Depuis le 20 du mois en cours, la galerie Mohamed Racim à Alger a ouvert son espace pour une exposition de peinture collective de plasticiennes indiennes. Intitulée «Femme par Femme», l’exposition dure jusqu’à vendredi prochain.
Elle compte 56 toiles, toutes consacrées à la femme indienne.
Les plasticiennes en question n’imitent pas la nature ou la réalité de la vie quotidienne visible à travers ses vicissitudes et leurs effets. Leur jeu pictural est intériorisé. Il s’agit d’une peinture du dedans qui se libère du moi pour se projeter en volumes, couleurs, mouvements, contrastes. Une peinture qui se sustente du spirituel, de l’imaginaire, des rêves, de la mythologie, du mystique et du subconscient. Une vision soucieuse d’entretenir l’harmonie entre le commun des mortels et lui-même, le cosmos, la nature et la vie.
Les toiles présentent plusieurs genres, comme le «semi-figuratif», l’expressionnisme, le symbolisme et l'abstrait. Elles mettent en relief la femme avec ses états d’âme, ses rêves et les contraintes sociales auxquelles elle est confrontée. Cependant, le corps féminin n’est pas abordé du côté sensuel, même si sa beauté est mise en valeur. Il interprète la vie. La vie dans une vision positive. Ainsi, Sabia, dans sa toile Portrait, projette la figure d’une jeune fille, le regard imposant, le doigt pointé vers une audience absente de la composition. L’artiste exprime l’espoir des jeunes filles cloîtrées à la maison de découvrir les larges secrets du monde en dehors des lieux où elles sont cantonnées jusque-là.

Cet espoir de la femme à se libérer des carcans sociaux est relevé dans Vers l’horizon de Meena Kumari Silpak. Une femme rêve sous le toit de la maison paternelle d’un espace à elle pour réaliser son individualité. Neelam de son côté privilégie les couleurs et le mouvement pour composer ses toiles à l’exemple de Amies. Kiran Mahendra à travers Rami s’inspire des Indiennes du Rajasthan, leurs bijoux en argent et costumes. Avec des dunes ternes en arrière-plan, l’œuvre offre au regard des contrastes. Durga Kainthola use de la photographie digitale et de l’outil informatique pour peindre des portraits simples et sensibles.
C’est ce qui se dégage de Moi aussi je fais partie de l’histoire, où est reflété le portrait d’une femme avec un regard exprimant la détermination. Sangeeta Gupta, de par Méditation, une peinture abstraite en couleurs chaudes et sobres et mouvements rapides et brefs, traduit cette sempiternelle recherche de l’estime de soi.

Plonger de Nathasha Parrenja exprime un sentiment de liberté à travers le rêve. Les motifs de poissons entourant la femme symbolisent l’existence d’individus en lutte pour concrétiser leurs rêves. Sans titre d’Usha Changappa est réalisée sur du verre avec des couleurs vives. Le choix du verre est motivé par le souci de l’artiste d’exprimer la fragilité et la force de la femme. L’expression polychrome se dégage de Un printemps blanc de Manju Karmakar, interprétant la vie comme un voyage pour la découverte et la quête de soi.
Autour de la femme, elle fait vibrer lumière et espace pour connaître les mystères de la nature. Dans toutes ces toiles exposées, il y a recherche de l’équilibre à travers l’harmonie. La vie est présentée comme la valeur la plus sacrée et dont la quête permet à l’homme de se réaliser. Goethe ne disait-il pas aux pessimistes comme Arthur Schopenhauer : «Si tu veux jouir de ta valeur, il faut prêter de la valeur au monde.» La sagesse indienne en a fait foi il y a bien des siècles.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Amnay Idir

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