Festival international du film de Marrakech : Ils n’ont pas raté la marche

Elwatan; le Mercredi 4 Decembre 2013
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C’est la fameuse marche dite pour l’égalité et contre le racisme qui a traversé la France du 15 octobre au 3 décembre 1983 pour revendiquer le droit à l’égalité et contre le racisme. Plus de 1500 km parcourus. Et le réalisateur et scénariste belge Nadir Ben Yadir( Les Barons) s’en est inspiré et en a fait film éponyme, La Marche  qui en est sorti en salles le 27 novembre 2013 en France. Et il est compétition pour le meilleur long métrage au Festival international  du film de Marrakech (Maroc) se déroulant du 29 novembre au 7 décembre.

 

Le pitch ? En protégeant un jeune attaqué par un chien policier lors des affrontements entre forces de l’ordre et jeunes du quartier des Minguettes, Mohamed se fait tirer dessus par le maître du canidé. C’est cette bavure policière qui déclenchera un mouvement pacifique et anti-raciste, timide puis grandissant fédérant des français d’origine maghrébine et de souche, et ce, à l’initiative trois jeunes et un curé des Minguettes. C’est leur marche du sel (de Ghandi)-le film Ghandi de Sir Richard Attenborough les a influencés- ou encore celle de Martin Luther King à eux. Les marcheurss’appellent Mohamed, Sylvain, Keira, Claire, Monia, Yazid, Hassan, Christophe ou encore Farid, ce sont les pionniers de cette cause juste.

 

A Marseille, ils étaient 25 marcheurs. A Paris, ils seront 100 000 ! Et un collectif sera alors reçu par le président de la République française, François Mitterrand. Ils sont entrés dans l’histoire ! Durant leur chemin « de croix », entre doute et espoir, entre des luttes intestines de leadership et esprit collectif, entre amour et haine raciale et voire de bêtise humaine, les marcheurs vont de l’avant. Nadir Ben Yadir filme avec sobriété, présente une pédagogie historique, cultive un humour faisant tilt et pas du tout cheap-la grande force du dialogue-, et restitue cet univers des années 1980 avec fidélité.

La preuve ! Nadir Ben Yadir a filmé en 35mm plutôt qu’en numérique. Mention spéciale pour le jeu des acteurs. Il ont interprété leur rôle avec justesse Tewfik Jallab ( Mohamed) Olivier Gourmet (le curé  Christophe Duboix),  Vincent Rottiers (Sylvain), une graine star montante, l’hilarant et attendrissant M'Barek Belkouk (Farid), Charlotte Le Bon (Claire),  Hafsia Herzi(Monia), Nader Boussandel (Yazid), ou encore  Lubna Azabal (Kheira). Et puis, un Jamel Debbouze interprétant Hassan, un junky devenu  « marcheur permanent ». Un rôlé déjanté, touchant et généreux. C’est la plus value du film. Et de surcroît, son cachet était au tarif syndical vu que c’est un low-budget film (à  petit budget).

 

 

 

Categorie(s): culture

Auteur(s): K. Smaïl

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