Filière de la pomme de terre à Bouira : Une récolte qui arrive à point nommé

Elwatan; le Dimanche 6 Janvier 2008
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Le prix du kilogramme de cette préciseuse denrée se stabilise autour de 30 DA au grand soulagement des consommateurs l Les efforts des «patatiers» portent leurs fruits.
La lancinante question liée à la longue et persistante tension causée sur le marché par la pénurie de la pomme de terre, qui depuis près de trois ans taraude l’esprit des consommateurs et des producteurs, est-elle en train d’être résolue ? La brusque baisse annoncée du prix du kilogramme de cette précieuse denrée sur nos marchés permet de le supposer. En effet, le prix du kilo de pomme de terre, après avoir connu une spectaculaire flambée qui la portait à 80 DA, pénalisant de ce fait aussi bien les ménages aux revenus modestes que les plus nantis, se stabilise actuellement à hauteur de 30 DA, au grand soulagement de tous les consommateurs. Cela ne s’est pas fait d’un coup de baguette magique, mais grâce à une politique agricole, qui en raison de la crise persistante de ce produit de large consommation, a voulu privilégier entre autres moyens mis en place pour en ramener le prix à un niveau en rapport avec le pouvoir d’achat du consommateur moyen, la productivité. Cette stratégie basée sur la production intensive s’est traduite dans la wilaya de Bouira par un programme dont le développement s’est articulé autour de deux axes : la consommation, la multiplication ou semence. La consommation : l’objectif qui sous-tend une telle politique est de produire en quantité et en qualité telles que cette denrée devenue subitement rare sur le marché et qui a bouleversé la mercuriale, permette de renouer avec l’abondance. Appliquant ce programme à la lettre, les «patatiers», comme on appelle familièrement ce type de producteurs, ont, dans la wilaya de Bouira, porté leurs efforts dès la deuxième semaine d’août 2007 sur la production de deux variétés : la timatite et la sponta. Pour ce faire, ils ont réservé 1344 ha sur les périmètres irrigués pour la production de ces deux variétés destinées à la consommation. Le prix du kg de la semence locale était de 70 DA. La récolte qui a commencé le 15 novembre a permis d’engranger déjà 125 000 quintaux. La superficie récoltée jusqu’au 12 décembre, a été estimée à 500 ha ; un petit calcul permet de se rendre compte que les prévisions de la production évaluée à 336 000 quintaux seront largement dépassées. En effet, le rendement de la récolte à l’hectare est de 250 quintaux. Ce qui fait dire à un responsable du secteur que le rendement est tout juste moyen. Il y a eu certes des foyers primaires d'alternariose et de mildiou qui ont éclaté ici et là, mais selon ce même responsable, ces deux maladies étant bien connues de l’ensemble des patatiers, leur traitement dès leur apparition n’a posé aucun problème. De même que l’apparition de la gelée n’a eu aucune incidence sur la production, car celle-ci est arrivée à maturité avant ce fléau, aux dires de ce responsable.

La semence ou multiplication

Le souci est de mettre fin à l’importation de produits destinés à la semence qui comporte plusieurs inconvénients : la pomme de terre importée peut contenir des germes de maladies ravageurs contre lesquels nos producteurs y étant confrontés pour la première fois, peuvent être sans défense ; elle peut être en phase finale de production. Ainsi, selon ce responsable, la pomme de terre de type B ne permet pas d’avoir que de la pomme de terre bonne pour la consommation. Le même responsable, expliquant en partie la crise par ce manque de discernement dans l’importation de produits en fin de production, révèle que la pomme de terre importée par notre pays, de type A ou B ne permet d’obtenir les produits de semence qu’une fois ou pas du tout. Ainsi, selon le même responsable, l’importation de la super-élite, en début de cycle permet de donner l’élite qui donne à son tour la A puis la B, qui donne un produit bon pour la consommation, mais non pas pour la semence. Quoi qu’il en soit, pour développer la production dans cette optique, les producteurs de la wilaya ont, dès le 15 août 2007, mobilisé 145 ha dans les périmètres irrigués. Comme pour la pomme de terre destinée à la consommation, celle vouée à la multiplication est un produit local. Son prix au moment de la plantation était de 80 DA.
On s’attend à des récoltes de l’ordre de 40 600 quintaux. La récolte, dont les 2/3 restent à faire, a été fortement perturbée par les dernières pluies. Nul doute qu'avec de nouveaux arrivages sur le marché, le prix de la pomme de terre connaîtra d’autres baisses qui la rendront plus abordable pour l’ensemble des ménages. Pour la conservation, la pomme de terre destinée à la semence ou à la régulation du marché, la wilaya dispose d’importantes structures de conservation. Ainsi, on compte trois grandes chambres froides de 1500 m2, deux dans la zone industrielle de Aïn Bessem et une dans la zone industrielle de Oued El Bardi. De même que l’on dispose de 18 petites chambres froides de 500 m2 à travers l’ensemble de la wilaya.

Categorie(s): actu régions

Auteur(s): Ali D.

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