Gaz, électricité et carrières d'agrégats : Des chiffres bien ronds et des problèmes bien réels

Elwatan; le Mercredi 4 Decembre 2013
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Le directeur de l’énergie et des mines (DMI), Ali Benyekhlef, invité du «forum de la presse», une émission hebdomadaire de la radio locale, a essayé, dans un bref exposé, de passer en revue le programme de sa direction en mettant l’accent sur le domaine de l’énergie. Il dira à cet effet que le taux d’électrification de la wilaya a atteint 89%. Ce taux connaîtra, selon lui, une amélioration pour atteindre le chiffre de 94% d’ici le deuxième semestre de l’année 2014. Pour ce qui est du gaz, le responsable du secteur essaiera de rassurer les consommateurs en annonçant l’amélioration du taux de réserve qui est passé de deux à cinq jours.

Cette question relative au gaz butane, préoccupation vitale pour les citoyens qui habitent les zones montagneuses, fait l’objet de discussions et suscite des craintes quant à d’éventuelles ruptures d’approvisionnement, notamment dans les régions où il y a l’aviculture. Réputés pour leur grande consommation de gaz butane durant la période hivernale, les aviculteurs sont encouragés, dira Ali Benyekhlef, à opter pour l’alternative propane. Des facilités leur sont offertes pour baisser la tension sur le butane. Ces dispositions sont prises en attendant le lancement des travaux pour de nouveaux branchements en gaz de ville. A cet effet, le DMI avancera le chiffre de 10 100 nouveaux foyers concernés par l’opération et qui sera lancée début 2014. Par ailleurs, en réponse à une question relative au prix de la bouteille vide qui, selon certains consommateurs, est payée à 2500 DA, il dira que cette somme n’est qu’une simple consigne et qu’elle est remboursable auprès des stations Naftal, seules habilitées à ce commerce.

L’émission en question destinée beaucoup plus à médiatiser le programme du président de la République s’est concentrée, remarque-t-on, sur les chiffres et les statistiques ; elle s’est en quelque sorte éloignée de certaines préoccupations quotidiennes des habitants de Batna et de ses environs, lesquelles ne sont pas des moindres. D’abord les stations-service. Ces lieux de prestations de services exigent une attention particulière mais leur état, ainsi que les mauvaises conditions de travail qu’endurent les employés, ne semblent pas intéresser les responsables en charge du secteur. A l’entrée de presque chaque station le client est accueilli par des nids-de-poule. L’emplacement des pompes n’est pas organisé de manière à assurer la fluidité des longues chaînes de clients aux heures de pointe.

Certains sols sont recouverts de goudron au lieu du béton par mesure de sécurité et de pérennité. Le bitume, lui, est inflammable et il s’use au contact du fuel. La plupart de ces stations ne sont pas dotées de préau et les employés subissent la chaleur en été et la pluie en hiver. Des perspectives de «relooking» seraient, selon le même responsable, inscrites dans un programme national. Par ailleurs, la création de nouvelles stations dans les communes qui en sont dépourvues, est inscrite dans un schéma directeur. Sur un autre plan, ce sont les problèmes environnementaux causés par l’exploitation des carrières qui suscitent les soucis des habitants. En effet, voilà des années que la ville de Aïn Touta, 30 km au sud-ouest du chef-lieu de wilaya, subit une grave pollution émanant des carrières environnantes, et ceux qui y habitent n’ont eu de cesse de se plaindre des retombées.

A ce jour, plusieurs autres carrières ont été cédées aux particuliers et la ville de Batna se trouve aujourd’hui cernée. A ce sujet, le DMI invoquera les grands projets autoroutiers et les quantités de sable et de gravats qu’ils nécessitent, ce qui dénote la stratégie de la primauté de l’économique aux considérations environnementales. Seulement, il y va également de la santé de la population. Des citoyens et une nature malades n’ont nullement besoin d’autoroutes. Il est vrai qu’il existe un audit environnemental annuel qui contrôle les moyens de protection et de prévention mais la réalité est tout autre. Il suffit de prendre la RN28 reliant Batna à Aïn Touta pour se rendre compte du nombre impressionnant de carrières et des colonnes de poussière qui s’en dégagent au point où les automobilistes sont contraints de baisser les vitres.                              

 

Categorie(s): batna

Auteur(s): Lounes Gribissa

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