Gaz industriel à usage médical : L’État veut nationaliser l’allemande Linde

Elwatan; le Samedi 21 Mars 2009
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Alors que le gouvernement ne cesse de multiplier les instructions en vue de freiner les dépenses à l'importation, le ministère de la Santé plaide pour l'importation du gaz industriel à usage médical qui fait réellement défaut dans les établissements de santé depuis plusieurs mois.
Ce qui a, d'ailleurs, poussé les services médicaux à reporter les interventions chirurgicales jugées non urgentes. Lors d'une rencontre organisée hier au siège du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière avec les directeurs de santé de wilaya et les gestionnaires des hôpitaux, le ministre de la Santé, M. Barkat, a souligné la nécessité de «recourir à l'importation du gaz à usage médical auprès d'autres entreprises», en précisant qu'une seule entreprise approvisionne l'ensemble des structures de santé, l’entreprise algérienne de gaz industriel. Cette entreprise industrielle privée, unique en son genre sur le territoire national, a-t-il ajouté, ne répond plus aux besoins nationaux depuis sa vente à une société allemande. «La société tente de mettre les structures hospitalières dans une situation difficile», a-t-il déclaré. Ce qui a imposé le recours à l'importation.

Pourtant, cette même entreprise exportait ses produits vers la Libye et la Tunisie. Pourquoi l'entreprise a-t-elle été cédée aux Allemands et dans quelles conditions ? Pourquoi les pouvoirs publics n'ont-ils pas opté pour la création d'autres entreprises nationales durant toutes ces années ? Rappelons que l’entreprise a été rachetée en avril 2006 par le groupe leader mondial de l’industrie gazière, 66% des parts de l’entreprise algérienne de gaz industriels (Engi).
M. Barkat s'est engagé devant un parterre de responsables des établissements de santé et des DSP à récupérer cette entreprise et à la «nationaliser de nouveau afin d'éviter les coupures d'approvisionnement en gaz à usage médical», en revenant sur l'incident survenu à l'hôpital de Ouargla, où il y a eu confusion entre les bouteilles de gaz, tout en donnant instruction aux gestionnaires de ces établissements de prendre des mesures pour différencier entre les robinets de distribution de gaz à usage médical et en confiant la gestion au pharmacien de l'hôpital. Ce dernier aura désormais, selon le ministre, un service spécial pharmacie à gérer. La pharmacie de l'hôpital fonctionnera au même titre que les autres services que compte un hôpital, a annoncé le ministre.

Mauvaise organisation

Quant à la gestion justement des services, il a mis l'accent sur la nécessité d'adopter des contrats de performance pour les chefs de service. Il a indiqué que le système de contractualisation avec la caisse de sécurité sociale impose une contractualisation externe et interne, à savoir des contrats de performance pour garantir un bon rendement au niveau de ces établissements. «Les chefs de service qui ne respectent pas leurs horaires ou s'absentent seront sanctionnés», a-t-il menacé. M. Barkat a évoqué plusieurs autres questions qui entravent le bon fonctionnement de ces établissements, notamment le comportement des corps médical et paramédical, insistant sur la nécessité de «respecter le patient et ses proches», tout en appelant à une humanisation du secteur et une amélioration de ses prestations. Il a annoncé, à ce propos, la formation de médecins psychologues et sociologues, qui auront pour mission de suivre le personnel médical.

Le secteur, a signalé le ministre, s'est doté de salles de soins au niveau des quartiers, en plus d’emplois au profit des médecins et du corps paramédical, afin d'éviter les déplacements vers les centres hospitaliers universitaires. Concernant la réouverture de salles de soins de proximité, abandonnées depuis peu, et la création de nouvelles salles, le ministre a indiqué que la capitale a bénéficié de 120 salles équipées en matériel pour les premiers soins.
Il a, par ailleurs, reproché aux gestionnaires la mauvaise organisation au niveau des bureaux d'admission, tout en les exhortant à ouvrir un centre de formation et des annexes, afin que le secteur assure une bonne couverture à l'avenir. Quant à la facture de l'importation de médicaments, le ministre de la Santé a affirmé qu'elle restera inchangée pendant un temps, car les médicaments prescrits contre les cancers et les maladies orphelines sont coûteux à l'échelle mondiale.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Djamila Kourta

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