Gérald Lacaze, président du directoire de Société générale Algérie (SGA)

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2008
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Société Générale Algérie (SGA) fait partie du paysage financier algérien depuis l'ouverture de son agence centrale à Alger en 2001. Trente-six autres agences ont ouvert par la suite leurs portes au public à travers différentes wilayas, en plus de six autres qui attendent le feu vert de la Banque d'Algérie, avec un objectif de 60 agences à la fin 2008. SGA, c'est aussi et surtout 110 000 clients entre investisseurs et des salariés attirés surtout par la politique des crédits à la consommation. Société Générale, c'est aussi une présence dans plus de 80 pays. M. Gérald Lacaze, président du directoire de Société Générale Algérie, ne cachait pas son ambition lors de l'inauguration de sa 37e agence en Algérie, la seconde à Constantine, "d'aller très loin" avec SGA, surtout quand on sait que notre interlocuteur a vu le jour il y a 56 ans à Orléanville, actuellement Chlef.
-Société Générale active en Algérie depuis six ans. Comment s'est faite votre adaptation aux pratiques
bancaires en vigueur sur le marché local ?
- Société Générale a son siège qui se trouve à Paris, il est vrai. Mais c'est aussi une présence dans plus de 80 pays dans le monde, donc condamnée à travailler avec des réglementations différentes de celle de la France. La réglementation en Algérie est effectivement différente de celle de la France, mais différente aussi de celles des autres pays, avec ses contraintes qui s'appliquent mais qui sont justifiées par une banque centrale qui fait son métier avec des réglementations en perpétuelles évolution. Je ne dirai pas que la vie est facile tous les jours, mais on doit s'adapter et travailler dans le cadre des règles en vigueur en Algérie.
- Peut-on connaître votre chiffre d'affaires et savoir s'il est issu essentiellement d'opérations en faveur des industriels et des investisseurs, ou au contraire provient-il des crédits à la consommation, comme c'est le cas pour certaines banques primaires ?
- Avec 37 agences et plus de mille collaborateurs, on a plus de 110 mille clients avec un spectre qui va de la multinationale à des milliers de PME. J'étais à Blida, puis à Constantine et je rencontre à chaque fois des patrons de PME très performantes. La grande masse, c'est évidemment les clients particuliers qui représente eu tout quelques cent mille clients. Dans notre chiffre d'affaires, deux tiers sont faits avec des clients commerciaux, grandes entreprises, PME, et professionnels, et un tiers avec les particuliers. En gros, et si vous voulez des chiffres, 15 milliards de crédits aux particuliers et 35 à 40 milliards aux entreprises.
- Société Générale n'est-elle pas gênée ou pénalisée dans ses opérations par les taux d'intérêts en vigueur en Algérie ?
- Les taux d'intérêts en vigueur en Algérie sont peut-être un peu plus élevés que ceux en vigueur en France, le dinar n'est pas l'euro, ça dépend du taux de base localement, etc. En Algérie, on est plus proche des 5% que des 3%. Effectivement ce sont des crédits un petit peu chers, mais je dirai aussi que la rémunération des dépôts est aussi en fonction de ces taux. Cela peut être un frein à la consommation des crédits, mais je dirai que c'est la loi du marché et que l'on pourrait obtenir de meilleurs taux, à Société Générale ou chez des confrères .
- SGA s'est distinguée par des crédits à la consommation, " Liberté " et " Bien être " qui ont eu un énorme succès auprès des particuliers. Ne craignez-vous pas de vivre des mésaventures à cause des mauvais payeurs comme cela a été le cas pour d'autres banques ?
- C'est vrai que ces formules rencontrent un succès énorme, et c'est comme ça qu'on a eu un grand nombre de clients, mais on ne le fait pas les yeux fermés. Ce sont des clients qui sont des salariés, qui ont des revenus pérennes, et la plupart du temps, les clients sont domiciliés chez nous. Pour les autres, qui pour des raisons réglementaires ne peuvent pas venir chez nous, on a établi des accords avec les CCP pour le transfert des échéances. Comme dans tout pays il y a des mauvais payeurs, pas plus en Algérie qu'ailleurs. On essaye de faire des assurances idoines pour couvrir " le taux de casse ".
- La crise des subprimes aux Etats-Unis peut-elle menacer à terme le système financier local ?
- Les crédits à la consommation sont à court terme, alors que les subprimes touchent surtout les prêts hypothécaires, donc les prêts immobiliers, à 20 ans et plus. Aux Etats-Unis, ce sont des prêts à des taux variables. Il y en a eu qui ont emprunté à 100% du financement de leur maison et avec la hausse des taux d'intérêt se sont retrouvés à la rue. Les prix de l'immobilier s'effondrent. Les Etats-Unis ont en souffert, en plus de quelques banques européennes. Les banques françaises ont su éviter la tempête et on peut, par ricochet, les éviter en Algérie en sélectionnant rigoureusement les crédits qui engagent le labeur de toute une vie.

Categorie(s): supplément économie

Auteur(s): Hamid Bellagha

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