Gestion des fourrières automobiles : Des voitures volées et dégradées

Elwatan; le Samedi 14 Mars 2009
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La fourrière», ce simple mot fait frémir la plupart des automobilistes et ce n’est nullement les frais occasionnés par la mise en fourrière des véhicules, qui sont de l’ordre de 2500 à 3000 DA par jour, que les propriétaires de voitures redoutent le plus.

Cette appréhension découle en fait des dégradations que les véhicules subissent, et cela même après un très court «séjour». Ainsi, les fourrières, qui sont au nombre de 7 à Alger, avec une capacité de seulement 5600 voitures, sont devenues paradoxalement de véritables casses ou l’on peut s’approvisionner en pièces de rechange, en monnayant, bien sûr, de l’argent. Cette pratique, qui était dans un passé récent très courante, l’est moins aujourd’hui.
Dépendant cependant entièrement des collectivités locales, les fourrières sont en vérité de simples terrains vagues qui ne disposent d’aucun aménagement approprié. Les voitures sont ainsi juxtaposées l’une à côté de l’autre et livrées de la sorte aux aléas du temps et à la dégradation. Dans certaines fourrières de l’Algérois, les herbes folles envahissent les moindres recoins de l’espace recouvrant dans certains cas complètement les automobiles.

Cette situation dénote du manque d’entretien des lieux, du laisser-aller et du peu de soin que les agents, travaillant dans ces fourrières, portent aux voitures qui ne sont pas les leurs. Des sources responsables affirment qu’en plus du fait que ces fourrières ne peuvent aucunement contenir tous les véhicules saisis, 60% d’entres elles ne disposent pas de normes de sécurité. La plupart de ces dernières ne sont pas protégées contre les vols de voitures et d’accessoires. Si le nombre de vols a considérablement diminué ces dernières années, il n’en demeure pas moins que les services de sécurité enregistrent toujours des cas de vol et autres plaintes des propriétaires de voitures pour dégradation. Selon la réglementation en vigueur, notamment les dispositions de la loi 01/14 relative à l’organisation, la sécurité et la police de la circulation routière du 19 août 2001 «la collectivité publique, qui a la garde des véhicules mis en fourrière, est responsable des dégâts, vols et dégradations subis par ceux-ci». Les citoyens qui s’abstiennent généralement de porter plainte contre ce genre d’actes, pour des raisons ayant trait aux lourdeurs des tracasseries bureaucratiques, devraient au contraire le faire, nous indique une source sécuritaire, car si le vol d’accessoires ou la détérioration du véhicule est avéré, des poursuites judiciaires sont systématiquement enclenchées et les responsables sanctionnés.

Categorie(s): alger

Auteur(s): K. Saci

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