Grosse déception à Lisbonne, Rabat et Nouakchott

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2008
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L'annulation du Dakar-2008 a été qualifiée de «décision sage» par le gouvernement français, mais a suscité la déception des coureurs et des autorités portugaises, mauritaniennes et marocaines qui devaient accueillir l'épreuve.

Le Premier ministre français, François Fillon, a estimé que «les organisateurs ont pris une décision sage. Nous leur avions indiqué depuis déjà plusieurs semaines que la Mauritanie présentait des risques considérables». «L'essentiel du parcours se situait en Mauritanie. C'était vraiment un risque inutile», a jugé le chef du gouvernement français. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a, de son côté, assuré que le gouvernement français n'avait «rien imposé et ils (les organisateurs) ont été assez sages pour prendre cette décision», ajoutant qu'il fallait «saluer aussi les Mauritaniens qui ont fait beaucoup d'efforts pour assurer la sécurité». A l'inverse, le gouvernement mauritanien «regrette» la décision des organisateurs. «La Mauritanie vient de vivre deux attaques criminelles isolées, comme cela se produit partout ailleurs dans le monde, mais ceci ne doit pas conduire pour autant à dire que le pays devient pas sûr», selon ce texte du ministère des Affaires étrangères répercuté par les agences de presse. Au Maroc, autre pays traversé par la course, «l'annulation du rallye Dakar-2008 nous attriste», a déclaré Mme Nawal El Moutawakkil, ministre de la Jeunesse et des Sports. «C'est dommage pour le Maroc, terre d'accueil et de paix», a-t-elle ajouté. A Lisbonne, d'où le rallye devait s'élancer, le gouvernement portugais a fait savoir qu'il «regrette mais respecte la décision. La première priorité doit être la sécurité. On doit comprendre cette décision même si nous le faisons avec tristesse», a affirmé le ministre de la Présidence portugaise, Pedro Silva Pereira. Du côté des coureurs, la déception est aussi forte. Le Finlandais Ari Vatanen, quadruple vainqueur du Dakar, a estimé hier que les pays occidentaux portent une «responsabilité» dans la situation qui a mené à l'annulation de l'épreuve et pénalise l'Afrique. Bruno Saby, vainqueur en 1993, au départ en 2008, a soutenu également que c'est «un tournant au niveau de l'Afrique». Hubert Auriol, triple vainqueur de l'épreuve et ancien patron du rallye-raid de 1995 à 2004, s'est pour sa part déclaré «surpris» que l'épreuve n'ait pas été maintenue. En revanche, Claude Brasseur, comédien et vainqueur en 1983, n'a pas été du même avis. Il a déclaré en effet : «Il y a déjà suffisamment de risques quand on fait de la compétition automobile. ça, en tant que concurrent, on l'assume. Maintenant, si c'est pour aller là-bas et se faire tirer dessus, c'est de la connerie.»

Categorie(s): actualité

Auteur(s): R. N.

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