Guerres oubliées

Elwatan; le Lundi 24 Mai 2010
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Ce n'est pas parce que les nouvelles sont rares, que les guerres n'existent plus. Bien au contraire, beaucoup, peut-être plus qu'auparavant, s'interrogent sur les causes invoquées, ainsi que sur leur conduite, d'autant plus que les discours servis jusque-là laissent dubitatifs. En tout état de cause, les nouveaux dirigeants britanniques entendent visiblement tourner la page des guerres ouvertes par le Premier Ministre travailliste, Tony Blair. C'est tout le sens qu'il faut donner aux déclarations du tout nouveau ministre conservateur de la Défense, Liam Fox, qui a affirmé que les troupes britanniques devaient rentrer «aussitôt que possible» d'Afghanistan, même si de tels propos ont été nuancés plus tard par d'autres membres du gouvernement.

Mais le fait est là, et il est encore plus significatif quant à la politique suivie jusque-là par la Grande-Bretagne. «Nous ne sommes pas un gendarme universel. Nous ne sommes pas en Afghanistan pour nous occuper de la politique d'éducation d'un pays troublé du XIIIe siècle. Nous sommes là pour éviter que le peuple britannique et nos intérêts globaux soient menacés», a dit le ministre britannique, persuadé qu'il faut donner des explications aux Britanniques qui attendent d'en avoir, Tony Blair ne les ayant pas convaincus. 286 Britanniques ont perdu la vie depuis l'intervention des forces internationales dans ce pays en 2001.

Et pour aller dans le sens de certaines analyses, personne ne sait comment en sortir et surtout quand, même si les Etats-Unis ont déjà fixé une limite à leur présence. Ce qui n'a pas empêché les talibans de poursuivre leurs attaques, un message fort adressé à la coalition internationale, celui d'une radicalisation de la guerre, ou encore le refus de toute solution négociée, souhaitée notamment par le président afghan. Mais à vrai dire, Hamid Karzaï n'est pas seul à rechercher une telle perspective, puisqu'elle est partagée par les états-majors occidentaux, persuadés que la guerre a trop duré, et qu'il faut y mettre un terme, convaincus par ailleurs qu'une victoire militaire est impossible.

Comment dans ce cas éviter l'échec, ou encore aggraver les pertes déjà élevées par rapport aux objectifs de départ qui tablaient sur une guerre rapide, et ce, d'autant qu'il a suffi de quelques jours, sinon de quelques semaines pour chasser le régime taliban, exactement comme en Irak, où la fin de la guerre avait été officiellement décrétée au début du mois de mai 2003. Et pourtant, rien n'a été réglé, la violence caractérise le quotidien des Irakiens.
Comment donc en sortir ? Là est toute la question.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Mohammed Larbi

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