Hausse des prix des légumes secs : Les classes vulnérables rudement touchées

Elwatan; le Lundi 26 Octobre 2015
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Comme chaque année, l’arrivée du froid signifie pour de nombreuses familles la préparation de plats chauds. Ces mets, pour la plu- part, sont à base de légumes secs : lentilles, pois cassés et bien sûr l’incontournable haricot blanc préparé en soupe ou en plat. Le début de l’hiver rime également avec la montée des prix qui, au lieu de baisser comme les températures, augmentent pour atteindre des sommets. Sur les étals du marché Ali Mellah, situé place du 1er Mai, les prix affichés sont en augmentation continue.

Les vendeurs affichent discrètement les prix qui, pour la plupart des produits, dépassent allègrement les 150 DA. En effet, les prix de ces aliments de base qui font le bonheur durant l’hiver donnent des sueurs froides aux clients. Les haricots secs sont à 200 DA, les pois cassés  à 150 DA, les pois chiches à 200 DA.

Selon le détaillant que nous avons questionné, les prix des légumes secs risquent encore d’augmenter de 30 à 70 DA le kilo. Des prix qui ne seront pas à la portée de toutes les bourses, explique notre interlocuteur. «Avec la crise et la flambée des prix, les consommateurs ont diminué de 75% la quantité qu’ils achètent. Au lieu d’acheter 1 kg de lentilles, certains nous demandent 250 gr, soit le quart d’un kilo», fait remarquer ce marchand. Et la tendance va continuer sur sa lancée. Les petites bourses n’arriveront pas, dès décembre, à acheter ces aliments régulièrement.

Les quelques clients rencontrés devant les étals du marché Ali Mellah se disent mécontents de cette hausse. «Avant d’acheter quoi que ce soit, je prends le temps de bien regarder les prix et de les comparer entre les vendeurs afin d’essayer d’atteindre l’équilibre. Avoir plusieurs bouches à nourrir et un seul salaire compliquent fortement la situation. Ces augmentations ne vont rien arranger pour nous, les petites gens», s’indigne une mère de famille.

Après avoir questionné Tahar Boulenouar, porte-parole de l’UGCAA, sur le phénomène de la hausse des prix des aliments de première nécessité, il est clair que l’origine est bien plus profonde que ce qu’il paraît. Selon M. Boulenouar, tout commence à la zone de vente en gros de Semmar, point de départ de la majorité des denrées vers les 48 wilayas. Notre interlocuteur a également mis l’accent sur le fait que les grossistes de Semmar tiennent le marché national d’une main de fer.

D’après les propos recueillis, plusieurs causes sont à mentionner, parmi elles l’importation en elle-même qui n’est pas surveillée et encadrée par les autorités compétentes. «En second lieu, une des raisons majeures est la dévaluation du dinar par rapport aux monnaies d’achat à l’extérieur du pays», a ajouté M. Boulenouar. Le porte-parole de l’UGCAA a expliqué que la hausse de ces prix est proportionnelle à l’achat du produit. Cette situation est due aux opérations de manipulation sur les prix par les importateurs qui ont pignon sur rue.

Egalement, selon M. Boulenouar, la saison hivernale entraîne une nette augmentation qui dépasse pour certains produits les 100%, particulièrement les produits de grande consommation qui alimenteront les foyers, les écoles, les cités universitaires et d’autres institutions publiques. Notre interlocuteur conclut en disant qu’il serait plus convenable d’avoir un marché dédié aux grossistes, afin que ces derniers n’incluent pas leurs charges dans la vente des nombreux produits qu’ils proposent.     

Categorie(s): alger

Auteur(s): Rachid Larbi

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