Idir au Forum de Liberté : « Je viendrais au moment opportun, mais je veux un spectacle libre »

Elwatan; le Lundi 2 Decembre 2013
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Pour l’instant j’ai quelques soucis de santé et je dois me soigner. Je voudrais organiser un spectacle à la hauteur des aspirations du public algérien », affirme-t-il, lors de son intervention ce lundi au Forum du quotidien Liberté. Il explique son refus de se produire en Algérie.

« Dans les années 1980, il y a eu des réticences. J’ai bien entrepris des tentatives de chanter à Tizi Ouzou par exemple. Mais à chaque fois il y a des contraintes. Il y a comme une fin de non-recevoir tacite à l’époque », dit-il. Durant les années 1990, explique-t-il, « il n’y avait pas d’envie de chanter». « Je n’avais pas le cœur à chanter », lance-t-il, précisant que depuis le début des années 2000, ce sont d’autres contraintes d’ordre technique et même idéologique qui l’empêche de rencontrer son public algérien dans son pays.

« Les choses ne se font pas normalement. Je veux chanter librement et ça ne m’intéresse pas d’organiser un spectacle sous l’égide de X ou Y. Je suis ce que je suis et je ne suis pas prêt de changer », précise-t-il, en rappelant la discussion qu’il a eu « avec de hauts responsables » suite à la visite effectuée par la star de football, Zineddine Zidane, en Algérie après le mondial de 2006.

 

« On m’a demandé de chanter à l’occasion de la manifestation Alger capitale de la culture arabe. Je suis confronté d’emblée à un mur idéologique. C’est inconcevable », indique-t-il. Il précise, dans ce sens, que le fait de chanter au Maroc et en Tunisie, même sous des régimes dictatoriaux, « ne sort jamais du cadre contractuel négocié avec les organisateurs ».

« Je garde toujours ma liberté. Je ne parle jamais de l’Algérie, car j’estime que c’est des choses à dire je les dirai ici », soutient-il. Le compositeur de « Avava Inouva (sa célèbre chanson)» revient longuement, à cette occasion, sur le déni identitaire qui fait qu’en Algérie de 2013 « il y a toujours des algériens et d’autres qui ne le sont pas à part entière ». Dans ce sens, il plaide pour l’officialisation de la langue amazigh « sans conditions, ni référendum » et de lui donner les moyens de se développer.

Dans ce sens, Hamid Cheriet, vrai nom d’Idir, déplore que l’Algérie « n’est toujours pas un Etat de droit ». « L’idéologie arabo-musulmane a faussé tout. On vous refuse d’être algérien. Si on s’obstine dans cette logique, il ne faut pas s’étonner qu’on voit germer dans les têtes plusieurs idées », met-il en garde. S’exprimant sur le projet de l’autonomie, puis de l’indépendance de la Kabylie défendu par le MAK, Idir déplore la diabolisation de Ferhat Mehenni et l’absence de débat autour de ces idées.
 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Madjid Makedhi

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