Il a commis un «acte contraire à l'honneur» : Un ancien membre de l'OAS exclu de la Légion d'honneur

Elwatan; le Dimanche 6 Janvier 2013
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Paris.
De notre correspondante

Selon l'article R96 du code de la Légion d'honneur cité dans le décret, les peines disciplinaires (censure, suspension totale ou partielle, exclusion) «peuvent être prises contre tout légionnaire qui aura commis un acte contraire à l'honneur». Cette mesure d'exclusion pour «acte contraire à l'honneur» est extrêmement rare, les exclusions étant généralement prononcées contre des légionnaires condamnés à des peines de prison. Jean-François Collin, 73 ans, avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur avec traitement, dans la promotion du 5 mai 2011 réservée aux militaires et anciens militaires au titre de mutilé de la guerre d'Algérie, durant laquelle il avait servi comme sous-lieutenant.

Il préside l'Association de défense des intérêts moraux des anciens détenus (Adimad) ayant appartenu à l'OAS. Interrogé par l'AFP,
M. Collin ne s'est pas étonné outre mesure de son exclusion, rappelant le discours qu'il avait prononcé devant la stèle de l'Adimad à Marignane (Bouches-du-Rhône) le 1er novembre 2011. Il avait dédié sa croix de chevalier «à tous les combattants de l'OAS qui sont morts les armes à la main ou ont été fusillés par le plus grand traître de l'histoire de France (le général de Gaulle). Ce sont eux, aujourd'hui, qui devraient être honorés à ma place !» «Et pour que les choses soient limpides, je vous promets que je ne porterai jamais cette croix tant qu'il y aura un gaulliste ou un ami du FLN à l'Elysée !», avait-il ajouté.

Arrêté en février 1962, Jean-François Collin avait été condamné à douze années de réclusion criminelle, dont il avait purgé cinq ans avant d'être amnistié, de même que l'ensemble des membres de l'OAS, en juillet 1968 par le général de Gaulle. En 1982, le président François Mitterrand avait fait voter une loi permettant aux anciens condamnés de l'OAS de toucher leur retraite. A signaler que Jean-François Collin avait, dans les colonnes du Monde, traité l’historien Benjamin Stora – alors porteur du projet de l’exposition consacrée à Albert Camus dans le cadre de Marseille-Provence 2013 capitale européenne de la culture, que lui avait retiré, sous la pression du lobby nostalgérique, la municipalité UMP d’Aix-en-Provence pour le confier au philosophe Michel Onfray – d’«israélite de Constantine proche du FLN».          

Categorie(s): france-actu

Auteur(s): Nadjia Bouzeghrane

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