Il était le parent pauvre des assises du secteur : naufrage du transport maritime algérien

Elwatan; le Jeudi 5 Decembre 2013
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Faute d’une refonte qui aurait pu adapter le métier du transport maritime national aux nouvelles normes universelles, le secteur s’était embourbé depuis deux décennies dans une situation de crise inextricable. Résultats des courses, les armateurs étrangers ont eu pendant cette période les dents du fond qui baignent. Ils ont monopolisé le transport maritime au détriment de la CNAN et/ou d’autres compagnies privées écartées du chemin pour des raisons inexpliquées. Le volume total des marchandises traitées par les ports algériens est d’environ 36 millions de tonnes (hors hydrocarbures). La CNAN ne transporte que 2% de ce tonnage, tandis que Nolis, filiale de Cevital, transporte environ 1% du tonnage.

Les armateurs étrangers ont accaparé le reste du trafic. Ainsi, la quasi-totalité du transport maritime est laissée entre les mains des courtiers étrangers. La CNAN a été détruite. Et le législateur algérien s’est attelé à tailler un cadrage juridique sur mesure au profit des compagnies étrangères. Le code maritime algérien exige : «Pour affréter un navire il faut être armateur, c’est-à-dire propriétaire de navires.» Condition que remplissent seulement la CNAN et Cevital. Cette condition aberrante exclut de fait tous les professionnels et autres investisseurs algériens voulant s’impliquer dans le secteur du transport et de l’affrètement maritime.

Les responsables du ministère des Transports, organisateurs des Assises nationales dédiées à ce secteur, se sont gardés pendant deux jours d’effleurer les sujets qui fâchent. C’est toute l’économie du pays qui devient otage des armateurs étrangers. Lors de ces assises en question, qui se sont déroulées en vase clos au Palais des nations, certains de nos interlocuteurs sont allés jusqu’à dire que toute modification de la loi initiale du contrôle des changes du transport maritime, dont les Douanes, sont à la charge, est étouffée dans l’œuf de crainte de provoquer les foudres des armateurs étrangers. On se rappelle de la tentative des Douanes de faire appliquer la nouvelle procédure douanière (circulaire DG Douanes N° 31/MF/DG du 05/01/2010) et qui s’est soldée par un véritable coup de théâtre dans lequel les armateurs étrangers ont joué les maîtres.

Ces derniers avaient même refusé de charger les marchandises en containers dont le fret est payable en Algérie. Au bout du scandale, ces armateurs sont revenus partiellement sur cette décision pour les gros clients et au cas par cas. L’exemple est édifiant.
Il explique à quel point l’économie est otage des compagnies étrangères. Ces questions et autres, dont l’importance est capitale, étaient le parent pauvre des Assises du transport organisées par le département d’Amar Ghoul. Visiblement, la volonté politique manque.
 

Categorie(s): economie

Auteur(s): Ali Titouche

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