Il propose un plan de sortie de crise pour mettre fin au conflit : Bachar Al Assad appelle l’opposition au dialogue

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2013
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Dans un discours d’une heure prononcé à Damas, M. Al Assad s’est dit convaincu que «la Syrie ne sortira de sa crise qu’à travers un dialogue national global», appelant toutes les parties engagées dans la solution pacifique à s’asseoir à la table des négociations pour parvenir à un consensus en vue de régler la crise.  Affirmant ne pas avoir trouvé jusqu’à présent de «partenaire» pour cela et refusant de négocier avec «des gangs qui prennent leurs ordres de l’étranger», il a proposé un plan en trois étapes. Mais avant tout dialogue, les pays finançant les «terroristes (l’opposition, ndlr)» devront «s’engager à arrêter» et «les hommes armés» devront mettre fin à leurs «opérations terroristes», a précisé M. Al Assad.

Ce n’est qu’une fois ces engagements pris que l’armée cessera immédiatement ses opérations, «tout en conservant le droit de répliquer», a-t-il ajouté. Le président syrien a expliqué que la solution doit comporter deux volets, politique et sécuritaire, dont l’organisation d’un dialogue national global qui inclut toutes les forces politiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays ; l’élaboration d’une nouvelle Constitution qui sera soumise au référendum populaire ; l’amnistie et la réconciliation nationale. Dans sa première allocution en sept mois, M. Al Assad s’est par ailleurs montré inflexible, assurant encore une fois que le conflit qui a fait, selon l’ONU, plus de 60 000 morts, n’opposait pas le pouvoir et l’opposition mais «la patrie et ses ennemis» qui souhaitent la partition de la Syrie.

L’opposition campe sur ses positions

Ainsi qu’il fallait sans doute s’y attendre, la Coalition de l’opposition syrienne a rejeté la «solution politique» proposée par Bachar Al Assad, refusant toute initiative prévoyant le maintien en place de son régime. «Nous avons dit, lors de la formation de la Coalition, que nous souhaitions une solution politique, mais l’objectif pour les Syriens est de le sortir (du pays) et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60 000 martyrs (...). Ils n’ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique», a déclaré à la presse son porte-parole, Walid Al Bounni.

Selon lui, le discours de Bachar Al Assad s’adresse principalement «à la communauté internationale car il est clair qu’il y a de véritables efforts (au niveau international) pour aboutir à une solution politique reprenant les exigences du peuple syrien (qui souhaite) la fin de la tyrannie et à sa tête le régime du clan Al Assad». M. Bounni a encore accusé M. Al Assad «d’écarter toute possibilité de dialogue avec les forces révolutionnaires». «Il veut dialoguer avec des interlocuteurs qu’il a choisi et refuse toute initiative reprenant les aspirations du peuple syrien et conduisant au final à son départ et au démantèlement de son régime», a-t-il poursuivi.

Au plan international, l’Allemagne et la Grande-Bretagne n’ont également pas apprécié le contenu de l’allocution du président syrien. Ces deux pays se sont d’ailleurs dits déçus de la prestation de Bachar Al Assad. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a ainsi estimé que le discours du président syrien allait «au-delà de l’hypocrisie». «Il est responsable des morts, de la violence et de l’oppression qui engloutissent la Syrie et ses vaines promesses de réformes ne trompent personne», a déclaré le chef de la diplomatie britannique dans un message posté sur Twitter. En début de matinée, le Premier ministre britannique David Cameron avait réaffirmé que le président syrien devait s’en aller. «Partez : voilà mon message à Al Assad», avait déclaré le chef du gouvernement sur la chaîne BBC1.

Londres et Berlin outrées

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a regretté, quant à lui, que le discours du président syrien n’exprime «aucune nouvelle prise de conscience» et a demandé son départ pour faire place à «un gouvernement de transition». «Malheureusement, le discours d’Al Assad n’exprime aucune nouvelle prise de conscience (…). J’exige de lui non pas seulement qu’il nous explique ses vagues dispositions à un cessez-le-feu, mais plutôt qu’il s’engage enfin à faire cesser les violences de ses troupes», a déclare M. Westerwelle.

Le discours du président syrien intervient à un moment où la communauté internationale intensifie ses efforts pour trouver une solution à la crise syrienne qui dure depuis 21 mois. Après une visite fin décembre à Damas, l’émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, avait évoqué un plan prévoyant un cessez-le-feu, la formation d’un gouvernement aux pleins pouvoirs et des élections.
Et plusieurs rencontres ont eu lieu entre la Russie, grand allié du régime de Damas, et les Etats-Unis, qui réclament le départ de Bachar Al Assad. Le chef de la diplomatie iranienne, allié de Damas, se rendra par ailleurs le 9 janvier au Caire pour rencontrer son homologue égyptien et M. Brahimi.
 

Categorie(s): international

Auteur(s): Aniss Z.

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