Ils menacent de recourir à la grève : Grogne des pharmaciens d’officine

Elwatan; le Dimanche 15 Mars 2009
1

Un bureau extraordinaire réunissant des membres du conseil national du Syndicat des pharmaciens d'officine, le SNAPO, et des membres du bureau de wilaya d'Oran, a été mis en place mercredi spécialement pour faire aboutir l'appel à la grève décidée dans un délai de 2 mois, à compter du 23 février dernier, en cas d'échec des négociations avec les instances concernées, dont le ministère de la Santé.

Oran
De notre bureau

En tête des revendications des pharmaciens figure la marge bénéficiaire calculée sur la base d'un décret promulgué en 1998.
Selon Fayçal Abed, président du SNAPO, qui s'est exprimé à la 5e Journée du pharmacien, organisée jeudi à Oran (Sheraton), «ces marges (bénéficiaires) situées entre 17% et 18% sont devenues obsolètes car, d'une part, les prix ont flambé entre temps et, de l'autre, les pharmaciens sont imposés à hauteur de 20%».
«Les pharmaciens sont au bord de la faillite», a-t-il indiqué, en outre, pour contrecarrer ce qu'il qualifie d'idée reçue, selon laquelle les pharmaciens tirent de gros bénéfices de leur commerce. «La vérité est tout autre, car près de 95% sont endettés.»

Il a expliqué : «Un pharmacien qui a passé une bonne partie de sa vie à étudier n'a souvent pas de biens à hypothéquer pour bénéficier d'un prêt bancaire et reste, donc, à la merci des fournisseurs qui lui font crédit.» M. Abed trouve, à ce sujet, aberrant l'existence de 435 grossistes installés dans le commerce du médicament et qui, souvent, ont recours, selon lui, à la vente concomitante, une pratique dénoncée par nombre de participants à cette journée sponsorisée par des laboratoires et fabricants de produits pharmaceutiques. Le syndicat dénonce cet aspect mercantile pour prôner un retour à la noblesse de la fonction du pharmacien. «Nous avons fait beaucoup de concessions : le tiers payant, la carte Chiffa, etc. Mais nous n'avons rien reçu en contrepartie», se plaint le même représentant, qui se réfère aux directives énoncées par le président de la République le 15 septembre 2008, lesquelles n'ont pas été suivies d'effet.

«Les doléances du SNAPO n'ont pas été prises en considération», a-t-il déclaré, rappelant que des démarches ont déjà été entreprises auprès des ministères du Commerce, du Travail, de la Santé et des Finances pour tenter de trouver des solutions aux problèmes posés.
Selon lui, des plaintes ont également été transmises au ministère de la Santé pour dénoncer les dérives mercantiles en attendant les audiences pouvant éventuellement être accordées pour des entretiens directs. Un rapport de la situation devra être remis à la présidence de la République cette semaine, a-t-il ajouté, avant d'annoncer qu'«en cas d'échec des négociations, le recours à la grève sera envisagé».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Djamel Benachour

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..