Instantané : Opacité

Elwatan; le Dimanche 10 Avril 2011
1


Des milliers de souscripteurs au programme de logements AADL attendent leur tour pour avoir les clés de leur logis. Si certains ont pu décrocher le sésame tant convoité depuis des années, d’autres qui ont déposé leurs dossiers, parmi les tout premiers, sinon les premiers, continuent à ronger leur frein. Certains d’entre les malchanceux brandissent le récépissé de dépôt de dossier datant de l’ouverture de l’opération, soit le 18 août 2001. Mais jusqu’à l’heure actuelle, ils ne voient rien venir, disent-ils sur un ton désabusé. Le sang bouillonnant, on voit dans leurs yeux l’ire monter, enflant leur visage, car ils auraient dû être parmi les premiers servis. C’est normal, dans la mesure où ils étaient parmi ceux qui ont inauguré l’opération, devant l’œil de la caméra de l’Unique qui recueillait leur avis sur la louable entreprise.
Une entreprise qui se résume, rappelons-le, dans l’achèvement de la réalisation de un million de logements au terme de l’année 2009.

Mais on leur brouille les cartes, on leur fausse les dés, on leur cache les dossiers et on les bifurque vers d’autres pistes hasardeuses avant de les rabrouer, en les exhortant à prendre leur mal en patience. Les responsables leur balancent à l’emporte-pièce et sans conviction des motifs opaques, tempêtent les infortunés qui précisent à qui de droit qu’ils sont en possession de «lettres d’engagemen» attestant leur versement légal. «Bon sang ! Nous ne comprenons pas pourquoi, nous, les premiers déposants de dossiers en bonne et due forme, nous sommes marginalisés», martèlent, de nouveau, les protestataires qui se disent outrés de constater, par ailleurs, des logements affectés à des gens moins éligibles et qui plus est les louent à des tierces personnes en usant d’entourloupettes.

Quant aux prétendants du programme futur de l’AADL, ils peuvent s’accrocher une gamelle. Les propos qui nous parviennent ici et là sont légion et convergent dans ce sens. C’est devenu un secret de Polichinelle, car dans les sites d’Ouled Fayet, les Bananiers, Sebala, Zéralda ou ailleurs, nombre de bénéficiaires tirent de ces logements – pour lesquels l’Etat consent un lourd sacrifice –, une rente atteignant jusqu’à 30 000 DA, soit 22 000 DA comme dividendes et le reste consacré aux charges locatives. Deux questions dès lors se posent : à quoi servent les garde-fous juridiques stipulés dans le contrat ? Pourquoi ne pas opérer le contrôle pour débusquer les indélicats ?

Categorie(s): alger

Auteur(s): M. Tchoubane

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..