Instantané : parasitage !

Elwatan; le Lundi 2 Decembre 2013
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C’est quoi une salle de spectacle, sinon un lieu où les gens viennent apprécier les œuvres artistiques des différents arts. où les férus du 4e art viennent suivre le produit d’une compagnie théâtrale. Où les mélomanes sont invités à une représentation pour se délecter des airs et mélodies de la musique savante. Et c’est juste à propos si on convoque la citation d’Arthur Schopenhauer : «En face d’une œuvre d’art, il importe de se taire comme en présence d’un prince : attendre de savoir s’il faut parler et ce qu’il faut dire, et ne jamais prendre la parole le premier. Faute de quoi, on risquerait fort de n’entendre que sa propre voix.»

Mais est-ce toujours le cas lorsqu’un showman, une troupe théâtrale, un soliste ou un orchestre se produisent sur scène pour dérouler leur opus à Alger ? Pratiquement, une seule salle dans la capitale où une représentation musicale peut être déclinée sans qu’elle soit parasitée. Il s’agit de la basilique Notre-Dame d’Afrique où des concerts sont, à l’occasion, organisés dans un silence monacal. Le long de la nef depuis le porche, les invités écoutent dans une atmosphère religieuse, sans effet larcin aucun, la partition de l’ensemble installé dans la croisée du transept.

Le silence est tel qu’on entend une mouche voler. Jeudi dernier, l’Orchestre symphonique national avait foulé la scène du Théâtre national
Mahieddine Bachtarzi, où, l’espace de deux heures, il a gratifié le public d’un florilège de pièces musicales, suscitant au final une longue standing ovation par les présents, dont le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh. Dirigés par le maestro syrien Missak Baghboudarian, les 55 musiciens, la soprano et le ténor ont empli la salle de très belles envolées musicales et lyriques empruntées des airs d’opéra de compositeurs universels. Mais en parallèle, les convives installés au premier balcon du TNA étaient incommodés par une autre partition «jouée» par ceux ou celles qui viennent juste meubler leur vide avec leurs bambins, confondant soirée de concert avec crèche pour enfants.

Une mère flanquée de son petit faisait des va-et-vient incessants à travers la travée pour répondre à ses caprices le moins qu’on puisse dire «chiants». En pleine représentation, elle n’éprouvait aucune gêne à faire lever à maintes reprises la rangée de spectateurs, avant de se laisser choir dans un autre siège de la salle avec son garnement bourdonnant. Elle s’en moque fichtrement des invités qui suivent les belles partitions de l’orchestre, l’essentiel pour elle est d’être présente avec sa fausse note ! Chose qui, malheureusement, n’est pas rare de constater dans nombre de nos salles de spectacle où les mamans et les papas qui, faute de ne pouvoir confier leur progéniture, viennent davantage chahuter le spectacle que de le suivre.
 

Categorie(s): alger

Auteur(s): M. Tchoubane

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