Investissements en Algérie : Les Français veulent reconquérir leurs parts de marché

Elwatan; le Mercredi 28 Octobre 2015
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En effet, des organismes de promotion des entreprises de l’Hexagone comptent sur une nouvelle approche pour regagner les parts de marché perdues au profit de la Chine et consolider la position de la France en tant que partenaire de choix de l’Algérie, au moment où celle-ci entend diversifier ses partenariats et s’ouvrir de plus en plus à l’Asie. Une approche basée sur un partenariat gagnant-gagnant, principe repris tel un leitmotiv par les responsables au cours du séminaire organisé, hier, à l’Institut français d’Alger sur le thème du «Climat des affaires en Algérie».

C’est ainsi que l’ambassadeur de France en Algérie, Son Excellence Bernard Emié, a insisté, dans une intervention préenregistrée, sur l’esprit de partenariat gagnant-gagnant qui préside à la coopération algéro-française. Dans son intervention, le conseiller financier auprès de la Mission économique de l’ambassade de France en Algérie, Adrien Sperry, a mis en avant quant à lui l’évolution attendue en 2015 en Algérie de certains agrégats.

Il explique ainsi que la baisse des cours moyens du pétrole risque de se traduire en Algérie par un déficit de 15 milliards de dollars de la balance des paiements en 2015 et 2016, une contraction de 50 milliards de dollars des réserves de change en 2015, une baisse de 129% des recettes fiscales, un déficit public représentant 14% du PIB et une contraction de l’épargne cumulée au sein du Fonds de régulation des recettes de 25% pour descendre à 3500 milliards de dinars. Malgré l’importance du choc externe, l’Algérie semble, grâce à ses réserves, avoir développé des capacités de résilience qui lui ont permis d’absorber le choc et entreprend des réformes dans le but de réduire les importations et développer la production.

Et c’est justement là, selon M. Sperry, l’opportunité qui se présente aux entreprises françaises qui souhaitent investir en Algérie.  C’est d’ailleurs dans le même sens qu’abondent aussi bien le directeur général de Sanofi Algérie, Pierre Labbé, que Karim Abdellaoui, président de l’ARPC, une entreprise ayant créé en partenariat avec SNTR une joint-venture dans la logistique. M. Abdellaoui a d’ailleurs mis en garde ses homologues de l’Hexagone quant à la présence grandissante de certaines entreprises venues d’Asie, à l’image des entreprises turques.

Il a estimé dans ce sens que les niches d’exportation françaises vers l’Algérie — que ce soit dans le médicament, l’automobile ou le blé — viendraient à disparaître et que c’était le moment pour les entreprises françaises de faire des efforts et d’investir afin de préserver leurs parts de marché en Algérie.

Estimant que les entreprises françaises ne faisaient pas assez d’efforts dans ce sens, M. Abdellaoui considère que celles-ci peuvent bénéficier de belles opportunités pour peu qu’elles présentent des solutions clés en main et répondant aux besoins algériens. Ceci d’autant que l’enjeu est de taille, l’Algérie étant considéré comme la meilleure porte d’entrée vers le marché africain et une belle plateforme pouvant permettre aux entreprises françaises de pallier leurs capacités d’exportation et contrer l’influence grandissante de la Chine en Afrique.
Il faut cependant prendre en considération certaines craintes alimentées par le climat général des investissements et la question particulière du contrôle des changes en Algérie, l’affaire Aigle Azur ayant fait son effet.

Différents intervenants ont tenté de balayer cela, notamment en présentant les assouplissements introduits dans le nouveau code des investissements, comme la levée de l’effet rétroactif de la règle des 51/49%, la garantie de l’égalité de traitement entre investisseur national et étranger ainsi que la garantie de transfert de dividendes et du produit de cession ou de liquidation des investissements en Algérie. Il a également été fait mention de la possibilité de franchise de droits de douane pour l’importation de matériels rénovés dans le cadre d’une délocalisation. 

Categorie(s): economie

Auteur(s): Roumadi Melissa

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