Kiev refuse de gigner un accord qui aurait scellé son rapprochement avec l'ouest : Moscou freine les ambitions de l’Union européenne

Elwatan; le Dimanche 1 Decembre 2013
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L’Union européenne n’a pas pu convaincre, vendredi, l’Ukraine de signer avec elle un accord d’association. Celui-ci aurait scellé le rapprochement de Kiev avec l’Ouest. Bruxelles impute l’échec de sa démarche aux pressions russes. Les leaders de l’UE s’en sont ainsi pris à Moscou dont ils refusent le possible «veto». «Nous ne pouvons pas accepter (...) d’avoir une sorte de possible veto d’un troisième pays» dans le cadre d’un accord d’association, a lancé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l’issue du sommet du Partenariat oriental, qui réunissait l’UE et six anciennes républiques soviétiques.«Le temps de la souveraineté limitée est révolu en Europe», a-t-il ajouté en référence à l’époque de l’URSS.

Réaffirmant que l’accord d’association avec l’Ukraine était «toujours sur la table», le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a appelé de son côté Kiev à «écarter les considérations à court terme et les pressions venues de l’extérieur». «Nous ne devons pas renoncer face aux pressions extérieures, même de la Russie», a-t-il ajouté. Moscou est déjà parvenu à ramener dans son giron l’Arménie, qui a annoncé en septembre qu’elle rejoignait son union douanière. Des responsables européens s’inquiètent aussi d’une montée de la pression sur la Géorgie et la Moldavie, maintenant qu’elles ont paraphé un accord d’association avec l’UE, première étape avant une signature définitive attendue l’an prochain.

Main tendue des européens

Pour l’heure, le président Viktor Ianoukovitch a semblé accepter la main tendue des Européens. «Je confirme l’intention de l’Ukraine de signer l’accord d’association dans un avenir proche», a-t-il déclaré à Vilnius, où il avait fait le déplacement pour rencontrer ses homologues de l’UE. «La pause forcée dans le processus de signature de l’accord ne signifie pas un arrêt des réformes nécessaires en Ukraine en vue de poursuivre l’intégration européenne», a-t-il plaidé.

Viktor Ianoukovitch a toutefois rappelé ses propres conditions. Il demande toujours un dialogue à trois avec la Russie, ainsi qu’une aide financière pour son pays en crise, notamment du fait des mesures de rétorsion imposées ces derniers mois par Moscou.
Or, l’UE a rappelé qu’elle refusait catégoriquement toute intrusion dans ses relations bilatérales.
Quant à l’aide financière, elle ne ferme pas la porte en évoquant un «soutien» à une éventuelle intervention du FMI, mais sans se montrer plus concrète. A l’issue du troisième sommet du Partenariat oriental entre l’UE et six ex-républiques soviétiques (Ukraine, Géorgie, Moldavie, Belarus, Arménie et Azerbaïdjan), le bilan est donc maigre.

Pressions russes

Outre les deux accords d’association avec la Géorgie et la Moldavie, a été signé un accord de facilitation des visas avec l’Azerbaïdjan et quelques textes plus techniques.La présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE et fait partie des Etats en pointe dans la volonté de rapprochement avec les anciennes républiques soviétiques, a accusé les dirigeants ukrainiens d’avoir choisi «une voie qui ne mène nulle part».
Malgré les signes de bonne volonté de part et d’autre, beaucoup de responsables pensent que l’absence de signature avec l’Ukraine, de loin le pays le plus important du Partenariat, risque de briser l’élan pour de longs mois, voire des années. Non seulement pour l’Ukraine mais pour l’ensemble de cette stratégie à l’Est lancée en 2009.
Outre les pressions russes, l’UE souffre aussi de ses divisions sur les perspectives offertes à l’ancien bloc soviétique. Elle n’a jamais proposé une adhésion pleine et entière, comme elle l’avait fait avec les pays de l’Est après la chute du mur.

Categorie(s): international

Auteur(s): Aniss Z.

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