L’autoroute algérienne de l’information !

Elwatan; le Lundi 26 Octobre 2015
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L’Algérie est coupée du reste du monde depuis jeudi dernier suite à un dommage causé par un navire étranger, au large de Annaba, au câble sous-marin par lequel transitent les réseaux internet.

Les solutions palliatives mises en branle par Algérie Télécom pour assurer un service minimum à sa clientèle en attendant de réparer la panne se sont révélées d’une navrante inefficacité. Les coupures sont tellement fréquentes et le débit est si lent pour les abonnés qui ont la chance de continuer à avoir la connexion que beaucoup ont pris la résolution d’éteindre leur ordinateur. Plutôt que de perdre leur temps à jouer au chat et à la souris avec l’hypothétique bande passante de secours. Déjà que le haut débit chez nous équivaut au plus faible débit ailleurs, c’est donc le minimum du service minimum qui est proposé aux internautes qui continuent à recevoir le signal internet. Cet incident pose le problème de la dépendance totale de l’Algérie dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les moteurs de recherche, les serveurs, les contenus, les équipements sont produits à l’étranger.

Cette situation n’est pas sans avoir des conséquences sur la sécurité des informations et des bases de données nationales circulant via internet, qu’elles soient institutionnelles et publiques ou privées. Tout cela relève du secret de Polichinelle. Et ce n’est pas demain que l’Algérie amorcera sa révolution numérique, tant le retard accusé est grand, ne serait-ce que par rapport à ses voisins et à des pays africains qui n’ont pourtant pas les moyens dont nous disposons. Le fossé de la fracture numérique ne pourra pas être comblé lorsque l’on ne se donne même pas les moyens, à notre portée, de protéger nos équipements et installations livrés, selon toute apparence, à tous les aléas, comme vient de le confirmer l’incident de Annaba.

Comment se peut-il, en effet, qu’un matériel aussi sensible auquel est suspendue la vie nationale ne soit pas protégé par une zone d’exclusion maritime qui empêcherait les navires de s'en approcher avec les conséquences que l’on sait ?  Négligence ? Imprévoyance ? Malheureusement, il ne s’agit pas là du premier incident ayant touché des installations stratégiques et sensibles pour ne pas s’en inquiéter ! Des gazoducs traversant de vastes étendues, posés à même le sol, sans aucune surveillance, sont visibles aux alentours des champs pétrolifères. Plusieurs actes de sabotage avaient été commis sur ces équipements durant la décennie noire. Les Algériens et les internautes plus particulièrement ont été, par ailleurs, surpris mais pas étonnés devant l’état de déliquescence dans lequel se trouve le pays, d’apprendre que les pouvoirs publics n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour mettre en place des solutions alternatives par un dédoublement des câbles sous-marins pour ne pas lier le sort de notre réseau internet à un seul câble. 

En Algérie, gouverner, c’est ne pas prévoir. Nos autoroutes de l’information ne peuvent par conséquent que ressembler à ce chantier phare de la présidence de Bouteflika dont les Algériens n’ont retenu que les malfaçons, la corruption et les surcoûts.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Omar Berbiche

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