L’Emir Al Thani aujourd’hui à Alger : Tapis rouge pour les Qataris

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2013
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Le nombre d’accords devant sanctionner la visite du chef de l’Etat qatari laisse supposer qu’Alger mise sur un rapprochement avec le petit pays du Golfe qui cherche, via une diplomatie gazière active et une politique d’investissements diversifiés, à devenir incontournable. Acquisition de participations dans de grands groupes européens, investissements dans l’immobilier, achats de terres rares et multiplication des actions «caritatives à travers la Qatar Foundation», sans oublier la chaîne de télévision Al Jazeera sont le fer de lance de la stratégie de Doha. Des actions qui occupent les médias, mais qui commencent surtout à faire jaser en Occident. Cela ne semble pas déranger outre mesure Alger, laquelle est prête à dérouler le tapis rouge aux «investisseurs» qataris, notamment dans des domaines stratégiques comme la sidérurgie ou encore la pétrochimie.

L’on annonce ainsi la signature de pas moins de 7 accords de coopération devant sanctionner la visite du maître de Doha à Alger. Celui qui aura le plus fait parler de lui concerne la création d’une société mixte chargée de l’implantation d’un «complexe sidérurgique» à Bellara, dans la wilaya de Jijel. La société à créer sera détenue à hauteur de 51% par le groupe public Sider et le Fonds national d’investissement (FNI), d’un côté, et de l’autre à hauteur de 49% par une joint-venture entre Qatar Steel et Qatar Mining. L’investissement initial, tel qu’annoncé, devrait s’établir à 2 milliards de dollars pour une unité devant produire 2 millions de tonnes de produits sidérurgiques plats et d’aciers spéciaux. Production devant augmenter progressivement à 5 millions de tonnes. L’unité devrait être opérationnelle, selon les prévisions du ministère de l’Industrie, d’ici 24 mois. Il faudra, néanmoins, noter que cette unité s’appuiera essentiellement sur les procédés de transformation de produits semi-finis qui viennent d’être détaxés à l’import par la loi de finances 2013.

Créneau moins médiatisé, mais dont l’importance n’est pas moindre, la pétrochimie. La construction d’un «complexe d’engrais phosphatés» dans la région de Souk Ahras est également évoquée. Les fonds qataris ne cachent pas non plus leur intérêt pour l’amont pétrolier, l’exploration et les mines notamment. Il est utile de rappeler dans ce sens qu’un mémorandum d’entente avait été signé il y a plus d’une année entre le groupe des mines d’Algérie Manal et la Qatar Mining pour rechercher des opportunités pour l’exploitation des mines d’or de Tirek et d’Amesmessa. Le Qatar bénéficie d’ailleurs de nombreux accords et mémorandums d’entente dans divers domaines, allant de la recherche à la commercialisation d’engrais chimiques en passant par l’exploration minière.

Il est également question de la réalisation, en partenariat, d’un pôle logistique. Les Qataris n’oublient pas non plus l’automobile, industrie pour laquelle ils ont d’ores et déjà affiché leur intérêt via une prise de participation dans le capital de l’allemand Volkswagen. Ce qui pourrait d’ailleurs expliquer l’annonce, il y a quelques mois, d’une possible implantation du constructeur allemand en Algérie. Les fonds d’investissement qataris à l’appétit aiguisé trouveront, il est clair, un chemin tout tracé vers les niches les plus rentables !

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Roumadi Melissa

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