L’ennemi virtuel et l’opposition réelle

Elwatan; le Mardi 25 Mai 2010
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C’est comme dans un jeu de magie, mais malheureusement ce n’est nullement le cas, la réalité étant autrement plus dramatique. Effectivement, quand l’opinion internationale se prend à évoquer Ghaza, elle reçoit autre chose comme écho. L’Iran par exemple, puisque ce sujet occupe peut-être même à son corps défendant, la une de l’actualité. Ou encore le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais présentés comme des alliés et même des exécutants de la politique du premier. Et ça marche grâce au réseau de complicités. La bonne vieille tactique de l’ennemi extérieur rien que pour refuser tout processus de paix, même si depuis peu, les alliés d’Israël avancent des arguments inédits, comme la menace que la persistance du conflit palestinien fait peser sur leurs intérêts nationaux. Ou encore, cette autre vérité qui vient des justices européennes — pas toutes — à travers des listes de dirigeants israéliens désormais interdits d’accès dans ces pays, car recherchés pour crimes.

Et depuis peu, ce sont les dirigeants israéliens eux-mêmes qui ouvrent d’autres pistes menant au danger qui pèse sur leur politique. Et cela vient de l’intérieur même d’Israël et des milieux juifs à travers le monde. Les propos du ministre israélien des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, en sont la preuve la plus éloquente, lui qui a dénoncé une nouvelle fois en termes virulents, ceux qui contestent la politique de son gouvernement dans les universités, les traitant d’«ennemis de l'intérieur». Il ne s’agit plus des Palestiniens qui ont refusé l’exil et vivant toujours sous la menace d’une déportation massive. «Au sein même des universités israéliennes et étrangères certains éléments se mobilisent contre l'Etat d'Israël», a ainsi déclaré l'ancien chef d'état-major et responsable du Likoud du premier ministre Benjamin Netanyahu. Ce n’est pas un coup de gueule, mais une politique bien définie tendant à étouffer les voix de plus en plus nombreuses qui ne sont pas spécialement préoccupées par la satisfaction des droits des Palestiniens, mais plutôt convaincues qu’une telle démarche préserverait Israël.

Effectivement, M. Yaalon avait déjà provoqué un tollé, il y a plusieurs mois, en traitant le mouvement israélien anti-occupation, La Paix Maintenant, de «virus» et accusant les défenseurs des droits de l'homme de «détruire Israël de l'intérieur». Même l'Australie «un proche ami» d’Israël, selon les propos de son premier ministre Stephen Smith, a fini par exprimer son ras-le-bol à l’égard de la politique israélienne, dans son volet liquidation physique des dirigeants palestiniens, en annonçant l’expulsion d’un diplomate israélien, à la suite d’une enquête ayant montré que des passeports australiens avaient été utilisés par le commando auteur de l'assassinat, en janvier à Dubaï, d'un cadre du mouvement palestinien Hamas.
L’opinion s’attendait probablement à plus, puisque de tels éléments établissent clairement la responsabilité du Mossad et au-delà de tout le gouvernement israélien dans cette politique d’assassinats de Palestiniens jusque dans leur exil, ou encore partout dans le monde sans le moindre respect pour la souveraineté et les symboles de nombreux pays, même les plus proches alliés. Et ces pays se rendent compte, eux aussi, qu’ils ont une opinion à gérer. Il était temps.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mohammed Larbi

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