La bûche, le prêche et la tirelire

Elwatan; le Mercredi 2 Janvier 2008
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Elle a beau porter encore le nom du premier empereur romain converti au christianisme, comme l’a souligné le président français, Nicolas Sarkozy, lors de sa dernière visite au mois de décembre, Constantine est l’une des villes algériennes qui boude le plus les réjouissances du réveillon de Noël et celui de la saint Sylvestre, coïncidant avec le nouvel An.
Le passage vers 2008 n’a pas dérogé à la règle établie depuis déjà belle lurette. Mieux, les remous dus à la foule que l’on voyait à une certaine époque devant les pâtisseries pour dégoter la fameuse, mais néanmoins controversée, bûche « symbole d’une croyance païenne devant l’Eternel» ont disparu du paysage, efficacement laminés par les prêches itératifs, et accessoirement par des bourses vivrières réduites comme une peau de chagrin, de citoyens, obligés, pour la plupart, de puiser dans leur «bas de laine» pour survivre. Même les deux hôtels phares de la ville, Cirta et le Panoramic, semblent se mettre sagement au diapason du citoyen lambda, mais
pour des motifs davantage liés à leurs trésoreries respectives, lesquelles pour être saines, ne peuvent néanmoins se permettre des «folies» en cachets d’artistes, de plus en plus mirobolants.
Cette année donc, la nouvelle année y a été animée sobrement par des disc-jockeys, comme dans une fête familiale, laissant sur leur faim les quelques fêtards exubérants et endurcis. L’ambiance dans la ville était, en cette veille de la nouvelle année, celle d’une ville provinciale, pareille à celle du pays profond, c'est-à-dire proche d’une atmosphère carcérale.

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Ahmed Boudraâ

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