La confiance fout le camp !

Elwatan; le Mardi 27 Octobre 2015
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Depuis qu’il s’avère que la situation économique, loin de connaître une amélioration, laisse apparaître des perspectives difficiles au regard de la conjoncture internationale morose et des marchés pétroliers internationaux plutôt déprimés dans la durée. Tout cela éloigne encore plus l’espoir d’une reprise et, par-là même, l’arrêt de l’érosion de nos ressources financières externes qui fondent comme neige au Sahara.

Les répercussions directes sur la monnaie nationale, qui a perdu un quart de sa valeur en quelques semaines, augurent d’un proche avenir incertain.

D’ores et déjà, avant janvier 2016 et l’entrée en vigueur de nombre de mesures fiscales qui affecteront les prix de certains produits et services à la hausse, relançant ainsi une inflation sans doute de manière inédite dans le pays, certains indices dans le secteur de l’informel, qui accapare plus de la moitié de la masse monétaire en circulation au niveau national, laissent apparaître un certain affolement. C’est le cas du marché non officiel de la devise où les monnaies étrangères ont bondi à la hausse de manière spectaculaire, accompagné d’une raréfaction jamais connue auparavant.

Devenu par la force des choses un baromètre «informel» de l’activité économique et commerciale, en l’absence d’un instrument fiable d’appréciation du climat des affaires et des investissements dans le pays, il n’en est pas moins révélateur d’une situation marquée par le manque de confiance des opérateurs économiques, formels ou non, et le désintérêt à l’égard d’activités pérennes au regard du risque encore plus élevé qu’elles représentent actuellement ou dans un futur proche…

Tout cela pousse, peut-être, les détenteurs de capitaux à bouder une monnaie nationale qui perd de sa valeur au jour le jour, courant ainsi le risque de «s’appauvrir» plus vite qu’ils ne pourraient l’imaginer.
Apparemment, même l’immobilier, la «pierre» ou l’or, considérés traditionnellement comme valeurs refuges face aux incertitudes des marchés de l’offre et de la demande, n’ont plus la «cote» chez ces détenteurs de capitaux, qui leur préfèrent, sans doute la «sécurité» et la stabilité que représentent les monnaies étrangères.

D’autant que les comportements d’un pouvoir autoritaire et ses atermoiements à faire face à ces contraintes économiques les éloignent encore plus de l’effort de développement national.

L’immobilisme dont fait preuve le régime de Bouteflika depuis une quinzaine d’années, dans le domaine économique et dans l’amélioration du climat des affaires, les détourne de tout projet national au profit de cieux étrangers plus sûrs et accentue son incapacité à rassurer opérateurs et partenaires sociaux.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Reda Bekkat

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