La détresse d’une mère :

Elwatan; le Jeudi 7 Avril 2011
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C’est un cri de désespoir lancé par I. H., une jeune femme de 34 ans, qui subit le pire châtiment qu’on puisse infliger à une mère: la priver de son enfant. En 2004, alors qu’elle avait des démêlés avec la justice, la jeune femme s’était vue contrainte de faire garder sa petite fille, âgée alors de 8 mois, par un couple de voisins. Ces derniers, qui étaient au début animés des meilleures intentions, lui rendaient régulièrement visite au pénitencier avec l’enfant; elle avait ainsi pu voir sa petite fille grandir.

(Elle a présentement 7 ans). «Ils avaient juré devant témoins qu’ils me la rendraient quand je serai libre», raconte-t-elle, son beau visage crispé par des sanglots réprimés. Aujourd’hui c’est une femme libre. Quelle qu’ait été le délit commis, elle s’est acquittée de sa dette auprès de la société. Elle prouvera sa bonne foi en milieu carcéral où elle passera, avec succès, deux bacs. C’est une femme déterminée à jouer son rôle de citoyenne honorable: elle est étudiante en 2e année de traduction. «Sous prétexte que je n’ai pas un revenu stable, la justice a décidé que la kafala revenait à mes voisins, qui m’ont trahie. Mon père travaille; il est prêt à nous accueillir. Ce couple a menti devant le juge en déclarant que j’ai abandonné mon enfant», a-t-elle déclaré. Elle ne veut en aucun cas se montrer ingrate envers cette famille qui a recueilli sa petite fille, mais elle indiquera qu’elle n’aurait jamais la force de renoncer à elle.

Alors qu’un torrent de larmes inondait son visage, elle ajoute: «Je n’empêcherai jamais ces gens de voir l’enfant, et autant qu’ils le désirent.» Elle a saisi le procureur de la République en 2009, et le couple a réclamé la kafala par voie de justice en février 2010. Celui-ci a avalisé ladite kafala, en dépit du fait que la mère s’était constituée plaignante avant le couple d’accueil. «Je sais que je suis systématiquement écartée à cause de mon passé, et pourtant je fais tout pour reprendre une vie normale», implore encore la jeune femme.

De l’avis de Me Ghechir, de la ligue des droits de l’homme de Constantine, «le juge des mineurs a outrepassé ses prérogatives, sachant que le père de la plaignante s’est porté garant pour prendre en charge sa petite-fille». L’avocat pose en outre la question suivante: «Le juge a-t-il le droit d’enlever un enfant à sa mère, pour le donner à une autre personne, sachant que beaucoup d’enfants vivent avec des parents autrement plus impliqués dans des affaires criminelles ? »                               

 

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Farida Hamadou

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