La famille d’un des diplomates otages au Mali revient à la charge : «De grâce, Monsieur le Président !»

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2013
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Après la dernière vidéo des trois otages, diffusée mercredi 2 janvier sur le site de l’agence de presse mauritanienne El Akhbar.info, la famille d’un des trois détenus s’en remet encore une fois au chef de l’Etat algérien pour tenter de lui faire sentir «le cri d’une famille souffrante». A travers une lettre ouverte qu’elle nous a fait parvenir, la famille Guessas, du village d’Ikhetaben, dans la commune d’Aghbalou (Bouira), témoigne du calvaire qu’elle vit «au quotidien depuis le 5 avril 2012, date à laquelle nos diplomates ont été kidnappés et parmi eux notre cher mari et fils Guessas Mourad».

Dans cette énième lettre adressée au président de la République, la famille Guessas rappelle que la fille et l’épouse de l’agent consulaire sont «des miraculées (qui) ont pu échapper aux ravisseurs et nous ont rejoints pour vivre en famille la douleur, par les moyens que vous ne devez pas ignorer». Leur maintien en poste à Gao, expliquait un des diplomates otages dans la dernière vidéo, répondait à des exigences du ministère des Affaires étrangères. «On avait une chance de quitter la ville de Gao (…). Nous sommes restés pour nous occuper de notre communauté», a déclaré l’un des otages. «Nos valeureux représentants de notre chère Algérie sont, ajoutent les Guessas, depuis neuf mois et à ce jour quelque part dans le grand désert, sous l’emprise de groupes armés ; ils risquent de subir le même sort que les autres diplomates en poste en Irak dont le souvenir très fâcheux est loin de disparaître.»

Personne ne veut voir se reproduire la fin tragique réservée à deux diplomates algériens, le président de la mission diplomatique Ali Belaroussi et l’attaché diplomatique Azzedine Belkadi enlevés le 21 juillet 2005 à Baghdad. Au lendemain de l’enlèvement, un comité de solidarité, on s’en souvient, était né à Timezrit, particulièrement au village natal d’Ighil Guemmour du défunt Azzedine Belkadi. L’appel de la famille Guessas au soutien et à la solidarité agissante du peuple algérien n’a pas trouvé de prolongement sur le terrain, hormis le contact établi avec la Ligue des droits de l’homme de Béjaïa. «La vie de notre fils et mari Guessas Mourad et celle de ses collègues sont en danger permanent. De grâce, Monsieur le Président, faites en sorte que leurs vies soient sauves, déployez tous les efforts nécessaires afin de leur sauver la vie», supplient les membres de la famille Guessas, montrant que «leur peur de perdre (leur) cher Mourad (les) hante chaque jour».

«Sa fille, Serine, qui va bientôt fêter ses 3 ans, vous interpelle, Monsieur le Président, en vous disant ‘sauvez papa !’», ajoute la famille à l’adresse de M. Bouteflika, à qui elle en appelle pour «remettre en marche le processus de négociations qui, espérons-le, aboutira à la libération de nos diplomates».
Selon l’un des frères de Guessas Mourad, le contact avec le comité de crise, créé par le ministère des Affaires étrangères au lendemain de l’enlèvement du 5 avril passé, est «régulier». Le département de Medelci tente de rassurer, depuis neuf mois de captivité des diplomates, que le contact avec les ravisseurs «est maintenu».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Kamel Medjdoub

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