La justice ordonne l’arrêt de la grève : Les employés de la DUC persistent et signent

Elwatan; le Jeudi 29 Octobre 2015
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En grève depuis le 12 octobre, les 143 employés maintiennent leur piquet de grève devant leur établissement en dépit de la décision de justice qui a déclaré illégale leur grève.

Le jugement rendu en référé le 21 du mois en cours par le tribunal administratif, a ordonné en effet à la partie incriminée, la section syndicale de la DUC, affiliée au Snapap, la suspension sans délai de la grève. Ceci sous prétexte de non-respect du service minimum exigé par la loi en cas de grève. Argument contesté par les syndicalistes qui estiment que la DUC ne fait pas partie des établissements concernés par le service minimum en pareil cas.

De leur côté, les employés ne tiennent pas compte de cette décision et réagissent comme un bloc soudé, en refusant la reprise du travail. Hier, El Watan a rencontré un groupe de grévistes qui affirment à l’unanimité que rien ne peut ébranler leur volonté et quelles que soient les formes de pression, ils ne céderont pas sur leur revendication. Mais qu’est-ce qui a créé un tel rejet, jamais manifesté auparavant vis-à-vis des nombreux directeurs ayant occupés ce même bureau et qui souvent n’ont pas forcement récoltés la sympathie du personnel ?

La réponse est formulée par les concernés dans ces termes forts : Harcèlement, mépris, représailles et menaces permanentes, le tout servi dans un langage blessant, raconte d’une seule voix les femmes, et «indigne de l’administration publique», répondent en écho leurs collègues. Les femmes semblent les plus touchées par le comportement du directeur et d’ailleurs, elles font montre d’une détermination inflexible dans leur position.

«Des cadres, les plus compétents et les plus chevronnés parmi nous, ont été poussés à la porte après des mois de harcèlement systématique», commente l’une d’elles en citant des cas précis.

Cécité

Des cas que nous ne pouvons nommer ici, et d’ailleurs même les intervenants ont préféré garder l’anonymat compte tenu de la situation. Par conséquent, nous avons décidé de ne pas citer non plus le nom du directeur en question, par souci d’équité. «Il préfère travailler avec les femmes, d’où l’écartement des hommes et la promotion de femmes à des postes dont souvent elles ne veulent pas», argumente une gréviste qui précise que l’apparence tient compte.

D’ailleurs, «une fille ayant décroché le concours de recrutement au poste de technicien supérieur en informatique et malgré l’accord de la direction de la fonction publique, n’a pas pu intégrer son poste faute de signature du directeur». Pourquoi ? «Parce que je crois qu’il n’aime pas son visage de moutahadjiba moultazima», ajoute encore notre source. Les exemples de brimades et d’injustice, cités par les uns et les autres, pourraient remplir des pages de journaux.

A charge de la tutelle et de la justice d’y croire ou pas, mais une chose est indéniable, la colère et le rejet ont rassemblé tout le personnel de cette administration sensible contre une seule personne et il serait hasardeux de ne pas en tenir compte.

D’ailleurs, toutes les manœuvres employées depuis deux semaines pour diluer le conflit et affaiblir le mouvement ne pèsent pas face à la détermination du personnel. Persister dans cette démarche aveugle serait volontariste et suicidaire pour l’administration.

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Nouri Nesrouche

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