La leçon des pays honnêtes

Elwatan; le Dimanche 1 Decembre 2013
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Le toit d’une grande surface s’effondre à Vilnius, capitale de la Lituanie, faisant plusieurs morts. Le Premier ministre lituanien démissionne, estimant que sa responsabilité était engagée dans ce drame. Avant lui, le Président allemand avait reçu de la part d’un ami un cadeau d’une valeur de 732,53 euros. Quelque temps après, l’ami en question s’est vu attribuer un marché. Accusé d’avoir favorisé en sous-main l’ami en question, le président de la RFA démissionne. Un sondage révèle que l’opinion publique, dans sa très grande majorité, souhaite qu’il soit jugé. Ce qui va être fait.

Pour les Algériens que nous sommes, ces exemples nous font rêver et nous rendent même jaloux. On se met automatiquement à comparer avec l’Algérie. Ce pays, promis à un bel avenir, est désormais l’exemple à ne pas suivre. Il avait tous les atouts pour devenir un pays réellement émergent, il était aimé et respecté par le Tiers-Monde. Il est aujourd’hui évité comme la peste. Et pour cause. Ses immenses richesses pétrolières, qui devaient lui garantir une place au soleil parmi les grands, sont devenues une damnation.

Elles ont transformé les dirigeants en prédateurs sans foi ni loi, sans aucune pitié pour le peuple qui s’est battu valeureusement contre le colonialisme d’abord et contre la terreur islamiste ensuite. La corruption, le népotisme, le clanisme et le tribalisme ont été érigés en système de gouvernance, surtout depuis 1999, date de l’entrée de Abdelaziz Bouteflika à El Mouradia. Une gestion qui envoie l’Algérie droit dans le mur avec des conséquences qui pourraient être catastrophiques. La logique voudrait que les gens se révoltent, que des sanctions soient prises contre ceux qui ont entraîné notre pays dans l’impasse. Malheureusement, c’est le contraire qui se produit. Nous assistons à un concert de laudateurs qui appellent à récompenser les maîtres d’œuvre de la corruption, de la mauvaise gestion. Des voix s’élèvent pour que le premier responsable de la catastrophe rempile pour un quatrième mandat présidentiel, alors même qu’il est gravement malade.

Une organisation des enfants de chouhada, qui a fait honteusement du sang de nos martyrs un fond de commerce, a poussé la surenchère et le zèle jusqu’à demander la présidence à vie pour Bouteflika. Pour cette engeance d’opportunistes prêts à vendre leur âme au diable, seuls les dividendes qu’ils peuvent tirer de leur compromission comptent pour eux. Le destin de l’Algérie ne pèse pas devant leurs intérêts. Nous sommes très loin de l’Allemagne et de la Lituanie. L’honnêteté est en train d’être balayée par la gabegie généralisée. Un sujet qui aurait fortement intéressé Kafka.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Tayeb Belghiche

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