La police syrienne tire sur des manifestants : 22 morts : Daraa, ville martyre

Elwatan; le Samedi 9 Avril 2011
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«Nous avons la liste nominative de 17 manifestants tués à Deraa» à
100 km au sud de Damas et «nous avons été informés de la mort de deux manifestants à Homs» à160 km au nord de la capitale. Et de «trois autres à Harasta», une localité à 12 km au nord de Damas, a déclaré Qourabi. Un précédent bilan faisait état de la mort de 13 personnes à Deraa.
Cette répression sanglante intervient alors que  le département d’Etat américain a publié un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme en 2010 dans le monde. Le constat est accablant en la matière concernant la Syrie. «Les forces de sécurité ont commis des meurtres, emprisonné des militants politiques et des droits de l’homme, torturé et maltraité des détenus en toute impunité», est relevé comme accusation contre le régime de Damas.

 
Ainsi, avec ces morts, le président syrien Bachar Al Assad perd la crédibilité des contestataires qu’il a tentés par son discours prononcé le 30 mars devant le Parlement d’apaiser la colère et de convaincre que les troubles que vit le pays relèvent de la «conspiration étrangère». Il s’est dit favorable à des réformes. Un «devoir de l’Etat». «Mais nous ne sommes pas favorables aux dissensions.» Concentrées jusque-là au sud du pays, les manifestations se sont aussi  déclenchées hier au nord, notamment dans les provinces kurdes. En effet, près de 3000 personnes ont manifesté dans ces zones en faveur de l’abolition de la loi d’urgence et de la libération des détenus. «Plus de 2000 personnes, des Kurdes, des Arabes et des Assyriens (chrétiens), ont manifesté à Qamishli après la prière du vendredi et quelques centaines de Kurdes ont défilé dans les rues de Hassaké, Amouda, Derek et Deirbassiyé pour demander la libération des prisonniers et l’abolition de la loi d’urgence», a indiqué Radif Moustapha, président du comité kurde pour les droits de l’homme. Alors que jeudi dernier, le président Bachar Al Assad a signé un décret qui a mis fin à un contentieux d’un demi-siècle en naturalisant des dizaines de milliers de Kurdes.


Plus d’une centaine de personnes ont été tuées dans la répression des manifestations et des dizaines d’autres ont été arrêtées à travers le pays, selon des organisations de défense des droits de l’homme. Face à cette situation, le président du comité de défense des droits de l’homme en Syrie, Aktham Nayssé, a lancé un appel hier «pour un dialogue avec les autorités». «Il s’agit d’une crise politique, qui ne peut être réglée par les armes, mais par le dialogue politique», a-t-il déclaré à Lattaquié. Notons que Bachar Al Assad a hérité du pouvoir de son père Hafez mort en 2000.
 Pour lui succéder, le Parlement syrien a amendé la Constitution pour revoir à la baisse l’âge minimum du candidat à la présidentielle qui passe ainsi de 40 à 34 ans. Deux jours plus tard, Bachar Al Assad est promu général en chef des forces armées. Il est élu président de la République par référendum le 10 juillet 2000.

Categorie(s): l'événement

Auteur(s): Amnay Idir

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