La situation humanitaire inquiète plusieurs ONG : des soldats sud-africains à Bangui pour assurer la sécurité

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2013
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Ce contingent militaire rejoint un autre, sud-africain, déjà déployé dans le cadre de la coopération militaire entre les deux pays. A la suite du déploiement de soldats sud-africains, le coordonnateur de la Coalition citoyenne contre les rébellions armées (Cocora), Lévy Yakité, a appelé hier les jeunes de son mouvement à «lever les barrières» qu’ils avaient érigées dans la capitale pour éviter l’entrée de rebellesLa République centrafricaine est en proie à un conflit armé depuis décembre dernier lorsque la coalition de groupes rebelles, connue sous le nom de Séléka, a lancé une offensive contre les autorités dans plusieurs villes du pays. Celle-ci se rapproche chaque jour un peu plus de la capitale, Bangui. Les rebelles ont pris, dans la nuit de vendredi à samedi, deux nouvelles villes, Alindao et Kouango, dans le centre du pays, alors que des négociations devraient avoir lieu à Libreville demain mardi.

La rébellion compte d’ailleurs saisir cette occasion pour discuter du départ de Bozizé. Le porte-parole du Séléka, Eric Massi, s’est ainsi déclaré prêt, hier, à participer à des négociations à Libreville sous l’égide de l’Afrique centrale, pour discuter des «conditions de départ» du président François Bozizé et d’une «solution politique». Toutefois, a déclaré M. Massi à l’AFP : «Je souhaite un report pour qu’on puisse se préparer et trouver une solution politique et faire  avancer la cause de la paix.» «Le départ de Bozizé n’est pas négociable. Il ne veut pas partir, mais il n’a pas les moyens de rester», a-t-il estimé. «Ce dont nous devons parler avec les chefs d’Etat d’Afrique centrale, c’est des conditions du départ de M. Bozizé, des garanties pour sa sécurité et celle de sa famille, afin qu’il puisse se retirer dans la dignité.»

Pour parer à toute éventualité, le président de la République centrafricaine, François Bozizé, a nommé le général Jules-Bernard Ouandé au poste de chef d’état-major des forces armées à la place du général Guillaume Lapo, limogé mercredi en même temps que le ministre délégué à la Défense, Jean-Francis Bozizé. Jules-Bernard Ouandé avait déjà occupé ce poste après le coup d’Etat du 15 mars 2003 ; il est ensuite entré au gouvernement comme ministre de la Sécurité et de l’Ordre public, avant de se retirer pour préparer sa candidature aux élections législatives de 2011.   

300 000 enfants affectés par les violences

Battu aux primaires sous les bannières du parti au pouvoir (KNK), il a décidé d’être un candidat indépendant, comme la plupart des anciens ministres. En mars 2011, il est élu, au second tour, député du 8e arrondissement de Bangui et siège depuis à l’Assemblée nationale. Avec cette nomination, le général Ouandé est chargé notamment de redresser et réorganiser l’armée centrafricaine que le chef de l’Etat considère comme «désordonnée et indisciplinée» à cause de l’occupation facile d’une partie importante du pays par les rebelles du Séléka.

Au plan humanitaire, la situation va aussi en se dégradant. Le conflit en Centrafrique «affecte des dizaines de milliers de personnes», selon Médecins sans frontières (MSF), qui estime toutefois que la situation humanitaire n’est pas «alarmante» si la crise ne dure pas. Le chef de mission de MSF Espagne, Sylvain Groulx, a souligné, dans une déclaration faite hier à la presse, que cette nouvelle rébellion qui a pris plusieurs villes du nord et du centre du pays n’est pas exceptionnelle dans le paysage centrafricain et que les populations y sont «malheureusement habituées». L’inconvénient est que beaucoup d’ONG et d’agences onusiennes se sont retirées du pays. Or, la survie d’une grande partie de la population dépend des aides fournies par les ONG internationales.

Vendredi, l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) s’est insurgé contre le nombre croissant d’enfants recrutés par les rebelles, mais aussi par les milices pro-gouvernementales. Selon l’Unicef, environ 2500 enfants se trouvaient déjà dans des groupes armés, y compris des groupes d’autodéfense, avant même que le conflit n’éclate en décembre. Depuis lors, cette pratique a pris de l’ampleur, mais l’organisation ne parvient pas encore à la chiffrer, a expliqué un porte-parole. Pour l’Unicef, plus de 300 000 enfants ont déjà été affectés par les violences, ce qui les rend plus vulnérables aux enrôlements comme soldats.
 

Categorie(s): international

Auteur(s): Zine Cherfaoui

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