Le baril de pétrole à 100 dollars : Consommateurs et producteurs partagés

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2008
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Les réactions de nombreuses capitales influentes à travers le monde et de la presse internationale, après le fait marquant de jeudi dernier où le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars, confirment qu'il ne s'agit pas uniquement d'un effet psychologique mais de réelles inquiétudes exprimées de part et d'autre sur les perspectives économiques mondiales.
La tendance haussière des cours de l'or noir s'est vraisemblablement installée dans la durée, elle préoccupe les pays consommateurs et conforte les pays producteurs. Ces derniers se retrouvent dans une situation où ils ne peuvent plus jouer aux pompiers.
De l'avis de certains analystes, la dépréciation de la monnaie américaine, le dollar, par rapport à l'euro pousse les producteurs à vendre plus cher le pétrole pour préserver leurs revenus. Le dollar se situe au-dessus de la barre de 1,47 dollar pour un euro.
Mais quand bien même les pays producteurs augmenteraient leur production, ils seraient dans l'impossibilité de satisfaire la demande qui va crescendo en raison des prévisions météorologiques, annonçant des températures très froides aux Etats-Unis, premier consommateur mondial d'énergie, qui stimuleront la consommation de fioul de chauffage. L'offre serait arrivée à saturation. D'ailleurs, les stocks de brut américain ont enregistré une septième chute hebdomadaire consécutive. Cette information confirme le déséquilibre qui s'installe entre l'offre et la demande. «Le mouvement prononcé et continu de rétrécissement entre l'offre et la demande demeure le facteur essentiel derrière la forte escalade des prix», ont affirmé à ce propos les analystes de Barclays Capital. A la baisse des réserves américaines s'ajoutent les tensions géopolitiques dans différents points du globe. «Un environnement géopolitique turbulent et un regain de violence dans la principale ville pétrolière du Nigeria avaient fourni (aux cours) l'impulsion nécessaire pour briser des résistances de prix», soulignent les analystes. Dans ce contexte instable, une experte de l'institut de conjoncture allemand DIW citée par l'AFP n'hésite pas à évoquer un baril de pétrole à 105 dollars à moyen terme voire à 200 dollars dans dix ans. «Les réserves de pétrole s'amenuisent de plus en plus, et cela va faire monter les prix», explique-t-elle dans un entretien au quotidien Berliner Zeitung. Des observateurs estiment quant à eux que cette envolée du prix du baril de pétrole est une aubaine inespérée pour certains pays grands producteurs tels que le Venezuela, l'Iran pour rebondir sur la scène internationale.
Cette hausse est bénéfique pour l'Algérie qui voit ainsi ses caisses de réserves de change renflouées grâce à ses recettes pétrolières qui représentent 98% de ses exportations. Même si le gouvernement peine à transformer cette manne financière générée par le pétrole en vecteur de développement économique durable pour créer des richesses et de l'emploi.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Nora Boudedja

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