Le chanteur Oukil Amar hospitalisé en France : «J’ai encore l’envie de composer des chansons»

Elwatan; le Mardi 21 Fevrier 2012
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Il est hospitalisé dans une structure parisienne à Villeneuve Saint Georges. Malgré son état de santé, il garde toute sa lucidité et sa vivacité pour accueillir ses visiteurs. Ils sont nombreux nos compatriotes à se rendre à son chevet  pour lui apporter un peu de réconfort», a indiqué à El Watan  M. Yami. Véritable boute-en-train, Oukil Amar, 80 ans, a déclaré aux personnes venues à sa rencontre : «Certes, la maladie est là et je l’accepte. En revanche, j’ai du mal à supporter mon éloignement de la Kabylie. J’ai hâte de retrouver les miens et les senteurs de chez moi. C’est vrai que j’ai beaucoup de visites, et franchement, je ne me sens pas seul. Les gens m’apportent du baume au cœur. Je les remercie (…) J’ai composé beaucoup de chansons, et certaines je les ai oubliées. Les  gens les chantent encore. Ce qui me réjouit. Aujourd’hui, je me sens encore capable d’en faire d’autres. J’ai la tête pleine». 

Selon M.Yami,  cette rencontre était aussi pour Dda Amar l’occasion de revenir sur sa vie, son parcours et ses amitiés avec les chanteurs de sa génération. «Son discours oscillait entre souvenirs et souhaits. Avec son humour habituel et comme quelqu’un qui n’a pas perdu sa vitalité, Oukil Amar nous donne à entendre une partie de ses compositions. Sa voix est encore retentissante. On a eu le grand plaisir de revisiter Cmendifir, Tizi Ouzou, A taleb yaghran, Aman uzaghar», dira-t-il. Oukil Amar fait partie de l’ancienne génération de la chanson kabyle, surtout celle de l’exil aux côtés de Slimane Azem, Cheikh El Hasnaoui, Farid Ali, Moh Saïd Oubelaïd et autres.

Ce maître incontesté, comme beaucoup de ses semblables, s’est construit dans la douleur et avec la pénibilité de la vie. Né en 1932 à Bounouh (Tizi Ouzou ), il devait très tôt quitter sa Kabylie pour gagner sa croûte dans l’émigration en France.
Dans sa dure condition d’ouvrier et grâce entre autres à l’aide de son ami Farid Ali (un autre pilier de la chanson kabyle), Oukil Amar se découvre une vocation de chanteur. Dès 1959, il enregistre son premier 45 tours Cmendifir buwurfan… C’est le début d’une longue carrière.

 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Ahcène Tahraoui

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