le coin du référée : Benganif avait de la pudeur et de la probité

Elwatan; le Mardi 27 Octobre 2015
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On ne peut évoquer le très honorable passage avec son profond ancrage d’un des plus anciens sportifs militants de la cause nationale que l’Algérie ait connu dans le domaine de l’arbitrage, feu el hadj Zoubir Benganif, sans se référer à son passé avec ses parages pour lui rendre un méritoire hommage. Pour comprendre l’itinéraire de ce grand homme d’exception, il faut fouiner profondément et revenir au temps de la glorieuse Révolution.

Et pour cause, pendant la guerre de Libération, au maquis, il avait 2 surnoms, «lion» et «renard», qui expriment la force, le courage et la majesté pour le premier, et pour le second, la ruse et l’intelligence avec toutes leurs significations standards. Dieu l’a gardé en vie pour un autre combat à mener, après l’indépendance.

Pour qu’une autre (grande) histoire de militantisme sportif honnête commence. Natif de La Casbah, ce digne fils de quartier du Ruisseau, avec sa chaleur et son assise populaire, après avoir fait ses preuves comme militaire, était un arbitre de taille moyenne, qu’il compensait par son agilité et ses sens intransigeants et autoritaires. Avec ténacité et sans relâche, il a escaladé majestueusement toutes les marches.

Enumérer son historique de matchs n’est pas l’objectif de ce flash. Mais essayer de revaloriser les vertus, la moralité des «lustres» de l’arbitrage avec ce qu’ils ont laissé à la postérité comme bonnes et propres images. Preuve de pudeur : alors qu’il était désigné pour un match important et ayant avec lui de jeunes juges de touche dans les vestiaires. L’arbitre Benganif se met à l’écart pour changer ses effets vestimentaires.

Ce «comportement» a mis ses collaborateurs dans un état interrogatif genre : ils étaient là pour «quoi faire» ? Le statut de grand arbitre qu’avait si Benganif, lui avait fait prendre des airs ? Ou tenter la surenchère en changeant ses manières ? Oh que non. Explication : l’homme discret et pudique, qu’était l’arbitre Benganif, ne voulait pas afficher son glorieux passé révolutionnaire. Grandeur d’âme tout simplement. Il avait le corps troué de balles, ce qui le poussait à changer ses habits dans une autre salle !

On ne peut occulter un fait aussi imbibé de patriotisme, pour un personnage qui fut officier de l’ALN, qui s’était inscrit, de son vivant, en faux contre l’affichage de son patriotisme et l’égoïsme. Un autre fait relatif à sa probité, feu Benganif était connu sur la place pour son penchant aux couleurs Rouge et Noir de l’USMA, la gestion de sa propre émotion fut mise à l’épreuve, en lui confiant la direction de la finale de la Coupe d’Algérie édition 1972, avec comme dernier combat l’USMA avait en face Hamra Annaba.

La coupe fut gagnée par Hamra. Rien que ça. Il ne pouvait se laisser aller (inconscient) à ses humeurs pour avantager son amour pour deux couleurs, assouvir ses faveurs et rater son rendez-vous avec la probité et l’honneur. Repose en paix hadj Zoubir, ton itinéraire est un tremplin de messages de vertus porteurs. Entre deux vies, sportive et celle du maquis, Benganif a gagné de la considération, du bonheur, beaucoup d’honneur acquis, avec le Paradis conquis inchallah.

Categorie(s): sports

Auteur(s): Salim Oussaci

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