Le diagnostic alarmant de la Banque mondiale

Elwatan; le Mercredi 26 Mai 2010
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Le gouvernement, à l'issue du Conseil des ministres qui s'est tenu lundi, a adopté le programme d'investissement public pour 2010-2014.
Et c'est un montant astronomique – 286 milliards de dollars – qui sera alloué à divers projets, dont 130 milliards de dollars afin de «parachever les chantiers structurants en cours de réalisation», initialement inscrits dans les plans d'investissement antérieurs. Soit près de la moitié du montant global du nouveau plan quinquennal. Seulement, plusieurs observateurs divergent sur la politique économique du gouvernement. La Banque mondiale, dans sa «revue des dépenses publiques», publiée à la fin 2008, avait émis moult critiques quant à la politique d'investissement public menée par l'Etat algérien. «Le pays est confronté à un défi fondamental : le créneau d'opportunités sera-t-il exploité à l'appui d'une croissance à long terme de l'économie et de l'emploi et d'un développement social permanent ? Ou sera-t-il perdu pour des raisons d'inefficacité, de gaspillage et de corruption», analysaient déjà prophétiquement les experts de la Banque mondiale. Ainsi, celle-ci estime que le système algérien des investissements publics comporte plusieurs lacunes. Les coûts des projets sont jugés trop importants. La faiblesse de la préparation technique du personnel d'exécution, ou encore la qualité des projets définie comme «généralement faible et inégale», ce sont entre autres entraves qui se dressent devant les objectifs tracés par les pouvoirs publics. Par ailleurs, l'institution financière internationale avait observé de nombreuses insuffisances dans ce système. Des lacunes qui trouvent «leur origine dans l'urgence qui accompagne la préparation de projets à cette échelle». Dans ce cadre, il est cité la myriade «de demandes spécifiques auxquelles les projets sont supposés répondre et le chevauchement des responsabilités entre les diverses autorités et parties prenantes».

La réforme budgétaire est nécessaire

De même, la Banque mondiale considérait que les enjeux institutionnels et de gouvernance contribuent aussi largement à limiter la réussite de ces investissements. Dans cette même revue, les experts recommandent au gouvernement de nombreuses réformes, dont la nécessité de définir des normes techniques supérieures pour la gestion de l'investissement public. Car dans, par exemple, les secteurs de l'eau, des chemins de fer et aéroportuaire, «les ressources ont mal été affectées à des projets d'investissement trop grands. Le surinvestissement constitue une pression supplémentaire sur les dépenses de fonctionnement. Les grands projets dans ces secteurs devraient être évalués et suivis de manière adéquate», est-il énuméré dans le rapport. De même, un inventaire de l'expérience en matière d'investissements publics antérieurs était jugé indispensable pour garantir la bonne exécution des investissements publics futurs. Et la Banque mondiale de préconiser de «tirer les enseignements de la réforme en cours de modernisation du budget afin de soutenir la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation des projets». Ce qui n'a, semble-t-il, pas été appliqué.

Categorie(s): dossier

Auteur(s): Ghania Lassal

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