Le directeur de Fersid et le comptable d'Arcelor cités dans l'affaire GSW

Elwatan; le Vendredi 20 Mars 2009
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Décidemment la désormais « affaire
GSW », une entreprise indienne qui soustraite
avec ArcelorMittal dans l’approvisionnement
de la ferraille massive ne cesse de révéler ses
secrets.
Et quels secrets ? Selon des sources judiciaires,
outre l’implication des gestionnaires
indiens de GSW, plusieurs cadres d’Arcelor-
Mittal ont été cités dans cette affaire lors de
l’audition de AGARAWLA Satyam le PDG
de GSW et PARAKAASH Jaia son superviseur
par les experts en crimes économiques
du Centre Territorial de la Recherche et d’Investigation
(CTRI) de Annaba. Dans le lot des
présumés cadres impliqués émergent Bara
Djamel le directeur de Fersid, une unité d’ArcelorMittal
chargée de la réception de la ferraille
livrée par les services de GSW pour les
besoins du complexe. Il est soupçonné, après
avoir été dénoncé par PARAKAASH Jaia,
d’avoir bénéficié de la part des indiens indélicats
de plusieurs cadeaux de valeur dont un
TV plasma 42 pouces, un PC portable HP et
une montre à main de marque en contrepartie
d’un double pesage de ferraille.
Nos maintes tentatives de le contacter, hier,
sont restées vaines. Non moins important,
l’autre cadre est Amit DASGUPITA chargé
de la comptabilité et des finances à Arcelor-
Mittal. Ce dernier aurait, selon les mêmes
sources, accordé toutes les facilités possibles
à ses compatriotes indiens de GSW y compris
le non paiement des charges (eau, électricité,
gaz, hébergement…etc) de leur siège implanté
au sein même du complexe. Pourtant, selon le
contrat qui lie les deux parties, les charges doivent
être réglées mensuellement. Une faveur
qui, cependant, n’est pas sans contrepartie. La
compensation est matérialisée par l’offre de
billets d’avions long courrier à destination de
l’inde dont le dernier en date a couté la bagatelle
de 240 000 DA. Bien que entreprise soustraitante,
GSW avait bénéficié d’un prêt de
93 millions de dinars auprès d’ArcelorMittal
El Hadjar à l’effet de financer ses contrats de
2008. Une première dans les annales économiques
où une entreprise sous-traitante contracte
un prêt auprès de sa cliente sans pour autant ne
régler aucunes échéances. Toutes ces informations
en disent long sur les facilités dont GSW
jouit au complexe ArcelorMittal El Hadjar.
Les enquêteurs de haute facture en charge de
cette affaire n’ont rien laissé au hasard. Dans
le volet finance de ce dossier, ils ont pu mettre
à jour une véritable atteinte à l’économie nationale.
Elle est traduite par le change en Euro
via le marché parallèle d’importantes sommes
en dinars qui les transfèrent « sous le manteau
» vers l’Inde. D’ailleurs, les mouvements
de leurs comptes domiciliés aux banques BEA
et Société Générale sont sous la loupe des enquêteurs.
Tout autant que d’autres pratiques
dont seraient auteurs d’autres cadres algériens
en exercice à ArcelorMittal relatives aux visas
de travail accordés aux employés indiens « importés
» en qualité d’ingénieurs alors qu’ils ne
sont que des simples manoeuvres. Pour rappel,
GSW est une EURL de droit algérien. Elle est
gérée par ses propriétaires la famille indienne
AGARAWLA. Elle est représentée dans plusieurs
pays où les complexes du groupe ArcelorMittal
sont présents : en Roumanie, en
Russie et en Ukraine. Sa gérance obéit à un
système tournant de 2 membres de la famille
AGARAWLA dans ces pays. Sa présence en
Algérie date de 2004. Ses pratiques indélicates
ont été mises à nu par le syndicat qui a enquêté
sur les transactions douteuses des entreprises
privées étrangères avec le complexe ArcelorMittal
El Hadjar. Ismail Kouadria, a passé
immédiatement à la dénonciation. Il avait,
rappelons-le, saisi officiellement le 7/12/2008
Bernard Bousquet le PDG d’ArcelorMittal à
l’effet de convoquer un audit. Ainsi, les deux
responsables indiens de GSW ont été confondus,
en complicité avec les deux gardiens
d’ArcelorMittal, dans ce scandale financier. Ils
étaient tous placés sous mandat de dépôt par la
magistrate chargée de l’instruction au tribunal
d’El Hadjar. L’enquête a été traitée d’une main
de maitre par les limiers du CTRI dont l’action
est plus que louable.
En concertation avec son partenaire Sider,
ArcelorMittal s’est constitué partie civile et a
déposé plainte. Affaire à suivre.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Mohamed Fawzi Gaïdi

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