Le groupe britannique BP n'a aucune intention de quitter l'Algérie : Perspectives d'investissement de quatre milliards de dollars

Elwatan; le Samedi 14 Mars 2009
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BP envisage d'investir quatre milliards de dollars en Algérie durant les sept prochaines années. Ce montant va s'ajouter aux 4,5 milliards de dollars déjà investis dans le pays. «Nos opérations se passent bien en Algérie. BP n'a aucune intention de quitter le pays.
On fait confiance à l'Algérie», a déclaré, mercredi, Serge Dubois, responsable de la communication de BP Algérie, lors d'une conférence à l'hôtel El Djazaïr à Alger. Le groupe britannique a un programme qui s'étale jusqu'à 2017 dans les champs satellites d'In Aménas. «Nous avons déjà des projets de classe mondiale à In Salah et à In Amenas avec un potentiel de 18 milliards de mètres cubes de gaz. Nous sommes opérateurs à Illizi, où nous avons fait une grande découverte. Ces projets s'ajoutent à celui de Rhourde El Baguel, qui est un champ pétrolier», a précisé le responsable de BP. Pour maintenir le même niveau de performance gazière, il faut, selon lui, mettre en production tous les champs satellites, créer des usines de compression et se doter du matériel adéquat. «En 2013, tous les champs satellites seront opérationnels. Cela exige un investissement de 1,3 milliard de dollars», a-t-il appuyé. Il a insisté sur l'opération de capture et de séquestration de 1 million de tonnes de CO2 à In Salah.

Un projet qui «inspire» des opérateurs énergétiques d'Abu Dhabi, lesquels ont visité les installations en compagnie du ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil. Le responsable de BP a précisé que le groupe n'a pas mis d'argent dans le projet de lubrifiants d'Oran car il ne s'agit pas d'une joint-venture. Le privé algérien Petro Ser a, selon lui, engagé des investissements pour utiliser la marque et les formules BP dans une usine de lubrifiants d'une capacité annuelle de 20 000 tonnes. Petro Ser possède une centaine de stations-service à l'Ouest du pays. BP n'envisage pas d'ouvrir des stations-service en Algérie. «L'environnement ne s’y prête pas. Il faut aussi des conditions d'hygiène et de sécurité aux normes BP. L'investissement est important. Une station-service en Europe coûte entre 1 et 2 millions d'euros. Le retour sur investissement y est rapide. Ici, ce retour pourrait se faire en 15 ans. La société va investir là où cela ramène plus et plus vite. En plus de l'exposition de la marque», a-t-il noté. En Algérie, le problème qui se pose est, d'après lui, celui des prix administrés par l'Etat. «BP ne peut pas faire de lobbying pour faire augmenter les prix. On ne fait pas d'ingérence de ce côté-là. On laisse faire les choses. Lorsque les conditions seront adéquates en termes de revenus, BP sera intéressé», a-t-il souligné.

La Libye un sérieux concurrent

Les activités en Algérie et en Libye sont désormais gérées par une Strategic Performance Unit à BP. La Libye risque, à terme, de déclasser l'Algérie dans les opérations d'exploration et de production du groupe en Afrique. «Le plus gros deal jamais fait par BP est en Libye. Nous faisons de l'exploration en 2D et en 3D sur un territoire équivalent celui de la Belgique et du Luxembourg», a indiqué Serge Dubois. L'exploration se fait actuellement dans le bassin de Syrte en off-shore profond et dans les terres. Le coût du projet est estimé à 1 milliard de dollars. De gré à gré, le contrat libyen est le plus important pour BP, ces dernières années. Il englobe également un programme de formation des cadres locaux, doté de 50 millions de dollars. «On commence à peine en Libye. C'est un ancrage majeur dans le champ des hydrocarbures. La Libye, si les rêves vont se réaliser, sera le premier pays en termes de revenus en Afrique. Sauf s'il y aura de nouvelles explorations et de nouveaux deals en Algérie», a précisé le responsable de BP. Dans l'ordre des profits de BP, l'Algérie et l'Angola arrivent en tête en Afrique avant l'Egypte. Alors que l'exploitation décroît dans l'off-shore de la mer du Nord, les activités de la Caspienne et de l'Afrique du Nord sont en nette croissance.
La chute des cours pétroliers n'influent pas sur les projets du groupe en Algérie. «Nous avons nos revenus. L'essentiel est d'avoir la production puisque nous sommes sous contrat. Maîtriser les coûts est un autre levier pour augmenter nos revenus. Nous avons notre part dont Sonatrach décide et qui est révisée en cas de problèmes exceptionnels», a relevé Serge Dubois. Le chiffre d'affaires du groupe est de 370 milliards de dollars.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Fayçal Métaoui

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