Le jeune, un atout… surtout en période électorale

Elwatan; le Samedi 18 Fevrier 2012
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Ces jeunes ont parfaitement intégré le discours prêché au sein du parti dans lequel ils émargent. Ils adoptent les postures et les tics de leurs aînés. Le tout avec un soupçon de fraîcheur, saupoudré de doses importantes de «communication», concept qu’ils maîtrisent bien.

Les mains à plat sur la table, Yacine, 29 ans, parle posément. Cet étudiant en ingéniorat mécanique à l’université de Tizi Ouzou est rodé aux discours politiques. Il est délégué national chargé de la jeunesse au RCD. «Carté» à l’âge légal de 18 ans, Yacine se souvient avoir été sympathisant depuis sa prime jeunesse. Et comme nombre de militants de ce parti, c’est d’abord la question identitaire et la cause amazighe qui ont attiré Yacine. «Ma famille, comme tout mon entourage, militaient pour faire aboutir les revendications amazighes.

J’ai baigné dedans !», relate, quant à elle, Dyhia, 26 ans. Il est donc indéniable qu’une «pousse» de politicien est favorisée lorsqu’elle éclot dans un terreau plus ou moins politisé. «Mon grand-père était une grande figure de la politique nationale», confie Khaled, 26 ans, coordinateur national des jeunes du MSP. «Dans ma famille, la politique occupe une très grande place», relate Mahmoud, 23 ans, vice-coordinateur national des jeunes du MSP. Ce dernier précise toutefois que ses proches adhèrent à des «tendances» diamétralement opposées à la ligne de son parti.

 

Dis-moi qui tu fréquentes,je te dirai où tu militera…

 

Comment Mahmoud s’y est-il retrouvé ? «C’était en 2008, par le biais d’amis, militants eux aussi de ce parti, et qui m’ont démontré que je m’en faisais une fausse idée», se souvient le jeune homme. Car, si le «terrain» est préparé par l’enfance, il y a, plus tard, «la» rencontre, qui déterminera à coup sûr la trajectoire adoptée. «Avec le temps, les choix mûrissent et s’assument», commente Yacine, du RCD. Pour certains, ce sont des camarades d’université, de quartier, pour d’autres, ce sont des rencontres avec des leaders de parti. Brahim, 21 ans, a, quant à lui, fait connaissance du MSP au lycée, avant sa majorité. «Ils organisaient des activités, des excursions auxquelles je participais. Ils m’ont donné l’envie de les connaître un peu plus», affirme-t-il. Quelle a été la réaction des parents face à cet «enrôlement» de leur enfant, mineur ? «Au début, les membres de ma famille, méfiante, était contre.

Mais avec le temps, j’ai réussi à les rassurer et à les faire eux aussi adhérer au parti», relate Brahim. Car l’enjeu est aussi là. Brasser le plus possible de militants et faire grossir les rangs. Et les voix dans les urnes. Pour ce faire, plusieurs méthodes. Il y a la manière douce… Un café, un bus, une salle de cours, une conversation entre copains, et le débat politique est lancé. «L’on discute avec son entourage, avec ses amis ou des jeunes rencontrés à diverses occasions. Mais il n’est pas question de forcer, juste d’essayer de convaincre», se défend Youcef. Puis il y a la manière «forte». Pas uniquement en termes de moyens déployés, mais aussi et surtout en termes de résultats. Et sur ce volet, il y a à constater que le MSP ne s’y est pas trompé. Fort de la couverture que représentait l’UGEL au sein des universités, la formation islamiste a créé, en 2009, Chems, mouvement «par et pour les jeunes».


Loin de l’idéologie, un programme… et beaucoup de social  


La «maison mère» a octroyé une entité aux jeunes pour qu’ils «se fassent les dents». «Cela évite le conflit de génération. Mais c’est surtout une manière d’atteindre des catégories que le MSP n’aurait jamais pu atteindre», concède Khaled. Et c’est sur le terrain que se joue la partie. «Nous mettons essentiellement sur pied des campagnes de sensibilisation, d’aide, de collectes pour les nécessiteux, etc. Nous organisons des conférences concernant l’actualité et ses enjeux, et diverses préoccupations sociales», énumère le coordinateur national. De même, des clubs au niveau local s’activent à diverses actions, bénévolats, ludiques ou plus sérieux, drainant ainsi les riverains, parfois oisifs et souvent en mal de distractions. Et ça marche. Pour la seule année 2011, ces différentes activités auraient vu la participation de près de 150 000 citoyens. «Parmi ces spectateurs, quelque 7000 ont rejoint Chems», affirment les jeunes militants. Et donc la maison MSP. Le PT a aussi ses «antennes» jeunes. L’Organisation de la jeunesse révolutionnaire (OJR) regroupe «des milliers de militants», dont la moyenne d’âge est de 22 ans. Et c’est au sein des syndicats autonomes et autres mouvements lycéens et estudiantins que l’OJR active.


Les jeunes parlent aux jeunes


Il est indéniable que l’élément jeune soit devenu un atout majeur, du moins dans les discours des «vieux». Car dans la pratique, rares sont les partis à permettre l’évolution des jeunes à des postes de responsabilités. Paradoxalement, l’on ne lésine pas sur les moyens afin d’en faire des pros de la politique. Des cycles de formations très pointues sont par exemple dispensés à ces nouvelles recrues. La relève s’investit, y met son temps, son énergie et sa créativité. La «génération Y» a à cœur de moderniser la pratique même de la politique, via ce qu’elle maîtrise le mieux : le «parler jeune».
L’on mise sur les nouvelles technologies de communication, les réseaux sociaux et autres outils de partage on line afin de faire passer le message à un plus grand nombre. Un atout certain. Surtout en période électorale…

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Ghania Lassal

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