Le know-how algérien s’exporte bien : 12 étudiants subsahariens en formation à Plasticycle

Elwatan; le Mercredi 28 Octobre 2015
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C’est là une prévision du dernier rapport de Africa’s Pulse, publication semestrielle de la Banque mondiale qui analyse périodiquement les perspectives économiques du continent. Un véritable boom économique qui impacte positivement les initiatives d’investissement. Ce n’est donc pas un hasard que des citoyens de l’Afrique profonde tentent de tirer profit de leur séjour dans la partie nord du continent africain pour «chiper» les bonnes idées et de leur adapter des applications locales une fois de retour au pays.

C’est le cas d’étudiants issus du Congo, du Burkina Faso, du Zimbabwe et d’Angola, notamment qui se sont invités, samedi dernier, chez une patronne constantinoise du recyclage du plastique pour s’initier au métier. Ils étaient douze à avoir participé à une journée pédagogique au siège de Plasticycle, une entreprise de recyclage de plastique et de gestion de déchets urbains, créée en 2012 et domiciliée dans la commune d’Ibn Ziad de Constantine.

L’objectif de cette journée à laquelle ont pris part ces étudiants était de promouvoir les énergies renouvelables à travers le recyclage. Poursuivant des études à l’université Badji Mokhtar de la wilaya de Annaba, ces universitaires émergeant dans différentes filières, dont la pharmacie, l’économie, l’écologie et le droit, ont fait le déplacement à Constantine pour assouvir leur curiosité dans ce domaine en plein essor.

«Ces étudiants en fin de parcours ont entendu parler de Plasticycle par le biais d’une association environnementale de Annaba au sein de laquelle ils sont membres. Ils sont venus en compagnie de deux professeurs, deux Français, exerçant à l’université Badji Mokhtar pour visiter l’entreprise et s’informer sur les modalités du recyclage.

Ils étaient très intéressés et souhaitent rentrer chez eux à la fin de leurs études pour créer dans leurs pays respectifs une industrie de recyclage de plastique», confie Mme Besma Belbedjaoui, fondatrice et directrice générale de Plasticycle dans une déclaration faite à El Watan. Notre interlocutrice précise, à ce titre, que «cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’encouragement du développement du secteur du recyclage en Algérie et en Afrique afin de hisser notre pays au rang de leader dans ce domaine».

Un marché rentable

La patronne de cette entreprise a également exprimé le vœu d’apporter l’aide nécessaire à ces étudiants pour «créer des entreprises comme la mienne grâce à l’apport de collaborateurs allemands avec lesquels je travaille». Mme Belbedjaoui reste, par ailleurs, convaincue qu’un projet pareil en Afrique - qui représente un marché rentable- pourrait aboutir facilement, d’autant que son financement ne constituera pas un obstacle insurmontable. «Grâce au financement de la Banque mondiale (BM) au profit des pays africains, ces étudiants peuvent réussir sans difficulté, contrairement à nous où l’écueil financier a découragé plus d’un investisseur.

Cela dit, en partageant avec eux mon expérience dans le domaine du recyclage du plastique, cela ne pourrait être que bénéfique pour notre pays qui pourra ainsi avancer tout en rattrapant son retard», ajoute-t-elle. Membre du Forum des jeunes entrepreneurs de la région Mena, Mme Belbedjaoui a participé depuis la naissance de son entreprise à de nombreuses conférences internationales en vue de contribuer à l’expansion du know-how algérien dans ce domaine qui compte actuellement près d’une vingtaine de PME.

Cela reste, bien entendu, insuffisant eu égard aux 13,5 tonnes de déchets jetés chaque année par les Algériens à travers le territoire national, puisque 5% seulement sont recyclés.

Il y a plus d’une année, Mme Dalila Boudjemaâ, ex-ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Aménagement, avait déjà signalé l’urgence de booster ce secteur pour transformer ces quantités considérables de déchets en richesses économiques. L’économie verte est un créneau porteur et pourvoyeur d’emplois pour peu que les universitaires algériens se lancent dans l’aventure via le dispositif de l’Ansej.

Dans cette optique, le Forum des chefs d’entreprises et l’Institut de l’ONU pour la formation et la recherche (Unitar) viennent de signer, à Alger, une convention portant formation des cadres algériens des entreprises publiques et privées dans différents domaines, notamment celui de l’économie verte et du développement durable.

De jeunes cadres algériens se rendront, à cet effet, à partir de 2016 à New York et Genève où ils bénéficieront d’une formation dans les spécialités prévues par la convention. Celle-ci ne précise pas, toutefois, le nombre de cadres qui bénéficieront de cette opération qui sera ouverte et se déroulera par étapes à raison de 30 jours et plus pour chaque session, selon le Forum des chefs d’entreprises.
Constantine.

Categorie(s): etudiant

Auteur(s): Lydia Rahmani

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