Le Maghreb dans l'embrasure du volcan

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2008
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Le Maghreb est sans nul doute placé sur une poudrière dont le détonateur est le GSPC qui semble avoir acquis la capacité de nuisance lui permettant de faire feu à n'importe quel moment et à n'importe quel endroit.
Les dernières attaques en Mauritanie qui font suite à une série d'événements particulièrement sanglants en Algérie, et à une année marquée par un retour des actes terroristes au Maroc, affirment cette volonté du terrorisme d'isoler la région et de la transformer en zone de troubles et de terreur. Le Maghreb semble être pris dans le cœur d'un tourbillon de violence tournoyant dans les pays de l'Afrique du Nord. Se situant à la porte de l'Afrique et à proximité du vieux continent, le Maghreb est victime de sa situation géographique sujette à de multiples enjeux économiques, politiques et civilisationnels. Si la branche d'Al Qaïda dans les pays du Maghreb prône le «djihad» contre les «impies», la richesse pétrolière de la zone est incontestablement un autre motif de déstabilisation dans la région. L'Algérie étant au centre de cet important enjeu économique, elle s'en trouve la plus touchée par les actes de violence et devient même la base arrière du groupe terroriste, le GSPC, en l'occurrence, dont les tentacules arrivent à atteindre les pays limitrophes comme la Mauritanie et le Mali. Cette aisance de mouvement des groupes armés dans la région, qui semblent avoir des possibilités d'armement et de redéploiement, pose un problème de capacité des pays de la région de lutter efficacement contre le fléau terroriste. Les acteurs des attentats en Mauritanie, d'abord contre des touristes français puis contre une caserne, apposent la signature du GSPC, confirmant ainsi la non-concentration de ce groupe dans le seul centre de l'Algérois mais continue à alimenter la peur dans la région du Sahara jusqu'au Mali, puisque un des suspects liés à l'attentat en Mauritanie a été arrêté dans le nord du Mali et porte un passeport algérien et une pièce d'identité malienne. Une preuve que la logistique terroriste ne laisse rien au hasard. Il ne s'agit pas seulement de larges frontières mal surveillées, mais de l'existence de tout un travail de coordination et de logistique bien ficelé, donnant du fil à retordre au contrôle aux frontières. Le kidnapping du groupe de touristes allemands par Abderrezak El Para avait déjà prouvé l'existence de cette facilité de pénétration des frontières algéro-maliennes qui demeurent malheureusement des passoires. Ces passoires existent pratiquement entre tous les pays aujourd'hui jugés comme des foyers du terrorisme dans la région, à savoir l'Algérie, la Mauritanie, le Maroc, le Mali, le Niger et le Tchad. Ces pays font partie de l'axe dans lequel les Etats-Unis escomptaient placer un commandement régional de l'armée américaine. La recrudescence des actes terroristes et la déstabilisation dans la région semblent abonder dans la volonté américaine d'établir une présence militaire à même de protéger ses intérêts politiques et économiques. Des intérêts que justifie l'existence de grands gisements pétroliers dans la région du Sahel, qui selon un expert, sont de l'ordre de 31,5 milliards de barils de réserves au Nigeria, 11,8 milliards en Algérie, contre 39 milliards en Libye. Avec aussi 300 millions de barils au Niger, 200 millions en Mauritanie, contre 500 millions au Soudan et 700 millions au Sénégal, avec des réserves prometteuses au Sahara occidental. Les tentacules du GSPC (aujourd’hui Al Qaïda au Maghreb) ont dépassé les frontières algériennes pour se placer en semeurs de troubles dans le Maghreb, et en menaces dans les pays du sud de la Méditerranée. Si ces derniers arrivent à dégoupiller toute velléité d'attentat sur leur sol, les pays du Maghreb et ceux du Sahel semblent avoir des difficultés à en venir à bout des manifestations de terreur et deviennent par conséquent des proies faciles. Que se cache-t-il derrière ce GSPC qui semble avoir opéré une mue en se transformant en entité transfrontalière dangereuse ? En véritable matrice du terrorisme, le GSPC est arrivé à exporter ses éléments. Les derniers attentats en Mauritanie sont inquiétants d'ailleurs, dans la mesure où ils renseignent sur cette capacité du GSPC à être un camp d'entraînement pour les amateurs du «djihadisme» sans foi ni loi. Ce n'est pas un hasard si l'attentat, en juin 2005, contre la caserne de Lemgheiti en Mauritanie, avait été baptisé «Badr de Mauritanie», alors que l'attentat du 11 avril 2007 à Alger portait le nom de «Badr du Maghreb». La signature est la même et la menace aussi. L'union du terrorisme maghrébin est donc faite, aux dirigeants des pays de la région de prendre conscience de ce danger, en créant une réelle synergie des efforts de lutte contre le terrorisme, avant que d'autres ne s'en chargent.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): N. B.

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