Les citoyens dénoncent la dégradation du cadre de vie à Ouargla : 400 MDA pour faire taire la contestation

Elwatan; le Lundi 20 Fevrier 2012
65091


Au moment où Rouissat, Béni Thour et Aïn Beida bouillonnent de rage contre les débordements des eaux usées qui les ont poussés encore une fois à occuper la rue et brûler des pneus et des troncs de palmiers pour attirer l’attention sur le calvaire des égouts débordant dans leurs habitations et en plein air, les autorités locales brandissent tout un programme étalé sur cinq années, dont deux ont déjà expiré. Différents secteurs sont mis à l’avant tels que l’énergie, les travaux publics, l’hydraulique, l’habitat, la santé et l’éducation. Tout un panel de projets qui toucheront la majorité des 602 000 habitants de la population répartis sur un territoire de 10 daïras et 21 communes, dit-on.

La wilaya de Ouargla avait auparavant bénéficié d’un budget colossal en 2011 destiné à financer 1403 opérations. Les plans communaux de développement (PCD) recensent à eux seuls 150 opérations, tandis que le programme sectoriel déconcentré (PSD) en dénombre 666. La wilaya ne compte plus ses projets qu’elle avance fièrement s’agissant de projets d’alimentation en gaz naturel, surtout au niveau des localités éloignées et les poches urbaines en décalage avec le reste des villes, un programme visant à réaliser une couverture totale en gaz naturel avec l’ambition affichée de raccorder les villages, les nouveaux lotissements et toutes les zones urbaines et semi-urbaines en manque.

Une maquette futuriste marque un bond qualitatif en matière de raccordement et de réhabilitation des réseaux d’assainissement et divers projets de développement rural visant à améliorer et réhabiliter le réseau d’eau potable et inculquer l’exploitation rationnelle de la ressource hydrique. L’amélioration du réseau routier à travers le territoire de la wilaya est l’autre objectif des autorités qui ont lancé la réalisation de 400 km de routes dans des projets de doublement, l’un sur 160 km entre la daïra de Touggourt et Ouargla, ainsi que la mise en service de la double voie reliant Hassi Messaoud au chef-lieu de la wilaya de Ouargla sur 80 km et les 90 km de doublement de l’axe Ouargla-Ghardaïa. Le secteur des travaux publics a également inscrit plusieurs projets de réhabilitation de routes de wilaya et voies communales sur des axes oubliés et qui ont suscité le courroux des citoyens.

L’université Kasdi Merbah de Ouargla verra bientôt l’affectation de ses nouvelles structures attendues depuis 2009, croit-on savoir auprès des instances concernées. Les bibliothèques, laboratoires et cités universitaires constituant le nouveau pôle situé su l’axe Ouargla-El Ménéa seront donc au rendez-vous courant 2012. Mais, tout n’est pas rose dans cette wilaya qui ne cesse de cumuler retards et imperfections dans des secteurs vitaux tels que la santé qui reste limitée aux services de base et encore, faut-il souligner, des  infrastructures dédiées à la jeunesse, aux sports et aux loisirs qui sont souvent insuffisants ou non disponibles.

Des structures inscrites et qui n’ont pas encore vu le jour, tels que les stades de football et d’athlétisme d’une capacité de 10 000 spectateurs à Touggourt et Tibesbest, les 20 stades matéco de proximité au niveau de certains quartiers populaires de la ville de Ouargla comme Bala, Bamendil, Bour El Haïcha, Sidi Boughoufala, El H’deb, Gherbouz, Haï Bouzid, les 460 Logements, Saïd Otba, Sidi Omrane, Sokra et Ziaïna qui réclament depuis longtemps un regard de bienveillance pour les jeunes. Les enfants de la wilaya attendent impatiemment les bassins de natation, 12 complexes de proximité, 13 salles polyvalentes, 35 maisons de jeunes, les fameuses piscines de N’gouça, Temacine, Blidet Amor et Taïbet.

Les citoyens de plusieurs localités reculées de la wilaya ne cessent de dénoncer l’état misérable des routes, les coupures de courant, la pénurie d’eau, ainsi que la situation désastreuse des réseaux d’assainissement, où des débordements des eaux usées posent un problème dramatique et menacent la santé publique. A Ouargla, la culture de la protestation a été profondément consacrée chez les citoyens à cause de la sourde oreille des responsables qui ont coupé un dialogue très timide à l’origine. Malgré un bilan de développement mitigé et dont les limites ne cessent d’apparaître au grand jour, le dossier de l’emploi reste le plus lourd à supporter, le désespoir est devenu une caractéristique spécifique de la  jeunesse ouarglie qui provoque chaque semaine protestations, émeutes et affrontements avec les forces de l’ordre, au moment où les tentatives de suicide ne manquent pas.
 

Categorie(s): ouargala

Auteur(s): Mohamed Ali Algmi

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..