Les commerçants et la facturation

Elwatan; le Mercredi 4 Decembre 2013
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En effet, tous s’accordent à désigner les contrôleurs de qualité comme leur bourreaux, et n’hésitent pas à les accuser de toutes les dérives. Une réunion est décidée par le P/APC de Batna en présence du directeur du commerce. Les commerçants n’ont pas hésité à tenir des propos très virulents à l’encontre des contrôleurs. Selon eux, ces travailleurs, affiliés à la direction du² commerce, sont méprisants, dressent des procès-verbaux aléatoires, ignorent la loi et font des visites quotidiennes allant parfois à plusieurs visites par jour ! Les P.-V. sont adressés à la justice, sans explication aucune. «Il arrive qu’une équipe de contrôleurs à peine sortie de mon magasin qu’une deuxième prenne le relais», s’est indigné un des commerçants, avant d’ajouter : «Ils (les contrôleurs) sont complètement déconnectés de la vie pratique. Ils exigent de nous des factures alors que le problème est national. Ils punissent les pauvres commerçants d’en bas alors que le gros importateur refuse de nous donner n’importe quelle facture, et est exonéré de toute responsabilité.»

Concernant ce problème récurrent de la facturation, Abdelkrim Maroc, président de l’APC de Batna, a clairement pris position avec les protestataires pour que l’application de la loi soit flexible, puisque dans les conditions du marché actuel il est impossible de punir uniquement les petits commerçants pour un problème qui concerne toute la chaîne de commercialisation du produit. En effet, des registres de commerce sont loués pour établir de fausses factures. Contre ce type de pratiques, seule la confiance dans le fonctionnement du système pourra aider au retour à la norme. Or, la réalité du terrain est tout autre. Pour sa part, le directeur du commerce, non sans démagogie, n’a pris aucun engagement clair hormis celui d’être à la disposition et à l’écoute des commerçants. Par ailleurs, d’autres doléances ont été adressées au P/APC de Batna.

Entre autres, la désignation d’une zone spécifique au commerce de gros, la zone actuelle étant située au quartier Chouhada en plein milieu des habitations. «La réglementation nous impose de ne pas décharger en pleine journée, on doit attendre la nuit et c’est très contrariant, que ce soit pour les habitants ou pour nous», nous a expliqué un grossiste. Entreposer sa marchandise en pleine zone urbaine implique aussi d’autres conséquences, comme l’exposition à la pollution et aux déchets ménagers, surtout que selon les grossistes, les éboueurs ne font pas leur travail correctement et laissent une importante quantité de déchets derrière eux. A l’heure où nous mettons sous presse, la réunion poursuit son cours. L’échec du système actuel est clair. Le ras-le-bol des commerçants aussi.                                                   

Categorie(s): batna

Auteur(s): Sami Methni

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