Les enfants autistes marginalisés : La détresse morale des mères

Elwatan; le Samedi 14 Mars 2009
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Une journée de sensibilisation et d’information sur l’autisme a été organisée jeudi au centre national de formation de personnel pour handicapés (CNFPH), à l’initiative de l’association des parents d’enfants en difficultés mentales, Wafa.
Cette dernière est née dans la douleur et la nécessité de dénoncer le silence de tous devant cette terrible affection, vécue comme une maladie honteuse, voire une malédiction.
La présidente de Wafa, B. Boufama, elle-même mère d’un enfant autiste, aura ce cri du cœur : «La pire violence qu’on puisse infliger à un enfant handicapé c’est de le marginaliser !» Elle en était venue à créer cette association, avec d’autres parents d’enfants autistes, au vu de l’ampleur de cette maladie. Aucune statistique n’existe concernant le nombre de cas. Ces enfants vivent le plus souvent cachés par leur propres familles. La maladie varie d’un sujet à l’autre, selon le degré de gravité, mais les symptômes sont les mêmes aux dires des pédopsychiatres. «Les troubles apparaissent dès l’âge de 3 ans; ils touchent les interactions sociales et la communication, dus à un dysfonctionnement cérébral. L’enfant autiste ne réagit pas au monde extérieur», explique Dr Terranti, responsable du service de pédopsychiatrie de Djebel El Ouahch. Les mères, de par leur engagement direct dans la prise en charge de leur enfant autiste, vivent dans une extrême détresse morale ; les pères, dans la majorité des cas, ne s’impliquent pas. «Dans l’ignorance de cette maladie, nous tâtonnons. Alors j’essaie juste de donner beaucoup d’amour à mon enfant ; je passe des heures à lui apprendre à me faire un signe pour déceler ses besoins», dit la mère de Anis, un enfant de 4 ans et demi. Une autre, dont l’enfant autiste, Aymène, est âgé de 12 ans, et dont le cas est estimé «sévère», témoigne avec courage: «Il lui arrive de ne pas dormir 48 heures d’affilée, et je dois le surveiller, comment faire, en l’absence d’aide, pour me reposer moi-même et ne pas sombrer dans la folie ? En plus, je suis obligée de travailler à l’extérieur.» Toutes vivent une misère morale sans pareille.
Ferrah Fawzi, jeune père d’un enfant autiste, âgé de 6 ans, suscitera l’admiration de l’assistance par son courage et son implication inconditionnelle dans la maladie de son fils. Il était le seul père d’un enfant autiste, présent. Le directeur du centre, M. Boutaghane, se dit confiant en la bonne volonté des autorités concernées, ajoutant que des unités de prise en charge des enfants autistes devront bientôt voir le jour.

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Farida Hamadou

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