Les flux de harraga se poursuivent

Elwatan; le Mercredi 2 Janvier 2008
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Les départs se font à n'importe quelle saison et les candidats sont issus des 48 wilayas sans compter les autres nationalités.
Décidément, rien ne semble assez fort pour dissuader les jeunes candidats à l'émigration pour prendre le large, et même la rigueur de l'hiver apparaît peu décourageante pour les détourner de la «forteresse Europe».
Dernier fait en date : dimanche, treize harraga, dont trois ressortissants de l'Afrique subsaharienne, ont été arrêtés près de Ghazaouet au moment où ils s'apprêtaient à prendre le large depuis la plage de Bekhata, indique l'APS, citant les gardes-côtes de Ghazaouet.
Au début du mois de décembre 2007, sept harraga, dont un gamin de 14 ans, avaient pris la mer au large de Cherchell.
Les corps de trois d'entre eux seront repêchés par un navire battant pavillon hollandais (El Watan du 8 décembre 2007).
Durant la même période, 23 harraga ont été secourus au large de Mostaganem, rapportait Le Quotidien d'Oran dans son édition du 5 décembre, ajoutant que les gardes-côtes de la façade maritime ouest ont déploré la disparition en mer de 11 autres émigrants.
Et plus rien ne semble arrêter cette hémorragie en dépit d'une criminalisation grandissante du phénomène. 1530 candidats à l'émigration dite «clandestine» ont été arrêtés en 2007, selon un bilan du commandement des Forces navales.
Jusqu'à l'année dernière, le phénomène était globalement circonscrit à l'été, météo oblige, et à certaines plages de l'ouest du pays. Aujourd'hui, les velléités migratoires se généralisent à la fois dans l'espace et dans le temps.
Désormais, les barques partent aussi bien de cap Falcon, Coralès ou Sidna Youcha à l'Ouest que de Sidi Salem et cap Rosa à l'Est.
Les départs se font à n'importe quelle saison, et les candidats sont issus des 48 wilayas sans compter les autres nationalités.
Qu'en sera-t-il en 2008 ?
Il ne faut pas être devin pour subodorer que malheureusement, il y a fort à parier que les statistiques iront à la hausse, et ce n'est pas le dispositif sécuritaire, de plus en plus hermétique, et les efforts des gardes-côtes et autres corps de sécurité pour tenir en respect la mer qui battraient en brèche la sourde détermination des harraga.
Les collectifs des familles d'émigrants disparus en mer n'ont de cesse d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur le danger représenté par les réseaux des passeurs et autres «filières de trafic humain» qui s'avèrent nettement plus organisés qu'on ne veut le laisser croire.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): M. B.

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