Les jeunes : indifférence et appréhensions

Elwatan; le Mercredi 18 Mars 2009
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Face aux promesses faiter par les candidats à la présidentielle, l'homme de la rue paraît encore circonspect.
Même si le président, candidat à sa propre succession, a multiplié les bonnes nouvelles ces derniers jours, les Algériens semblent considérer tout cela avec désinvolture. «En tant qu'étudiante, je suis ravie de pouvoir bénéficier d'une revalorisation de la bourse. Mais je n'irai pas voter pour autant», nous dit Ryma, étudiante en interprétariat, avec le sourire.
Ayant accumulé les déceptions, certains disent ne plus croire en rien. «Dieu sait combien j'aimerai y croire, mais il n’y a qu'à voir autour de nous pour constater qu'il n'y a pas d'espoir. Il y a les harraga, les disparus, les kidnappings, les vols, les viols, trop de barrages, les harcèlements sexuels, la mendicité, les drogues, la prostitution, les corruptions autorisées, les trafics dans tous les secteurs économiques et la cherté de la vie», dit Mourad, lui aussi étudiant à la fac centrale d'Alger. Il poursuit : «Le peuple a peur du lendemain, les horizons paraissent sombres, ceux qui ne prennent pas en compte les soucis des Algériens auront de mauvaises surprises car le sentiment d'injustice engendrera la violence.»

D'autres encore se disent déçus du fait que les mesures prises en leur faveur soient intervenues à quelques encablures du rendez-vous électoral. «Je n'ai rien contre Bouteflika, mais je pense qu'il n'aurait pas dû attendre la campagne électorale pour prendre ces décisions, cela sonne faux. On n'achète pas les Algériens de cette manière, d'autant qu'il s'agit de l'argent du peuple. C'est dommage», regrette Hamza, étudiant en médecine.
D'aucuns comparent ces initiatives aux actions boursières qu'on achète pour en tirer ensuite profit. «On utilise toujours cette méthode d'actions-élections, que ce soit pour la main levée des députés par l'augmentation de leurs salaires, le silence éloquent de certains intellectuels et politiciens par des promotions à des postes à l'intérieur et à l'extérieur du pays, l'augmentation future du SNMG des travailleurs. Jusqu'où ira-t-on ?», s'interroge Moussa, ingénieur en informatique.
Les plus optimistes considèrent qu'une revalorisation des salaires ne serait pas de refus dans n'importe quelle conjoncture. «J'espère seulement que cela ne se retournera pas contre nous. Cela a certainement un coût, j'ose espérer que ce ne sont pas les couches moyennes qui vont passer à la trappe», souligne une enseignante syndicaliste. Pour le reste, ils semblent peu enthousiastes vis-à-vis des élections.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Amel Blidi

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