Les miniatures enluminent Constantine

Elwatan; le Jeudi 29 Octobre 2015
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S’étalant sur une semaine, l’événement n’a pas seulement permis à des  artistes, venus de 23 pays, d’exposer leurs œuvres mais aussi l’organisation d’ateliers de formations et de conférences sur l’art de la miniature. Les artistes algériens, Mustapha Belaribi, Ihssen Takdenti et d’autres ont exposé des fresques inspirées de l’école algérienne de la miniature, représentée par les frères Racim, où l’art de la symétrie est roi et la patience, une rigueur, une caractéristique partagée aussi par les artistes égyptiens et pakistanais, entre autres. La représentation des visages et corps humains et les paysages naturels était présente en force chez les artistes de l’Extrême-Orient, iraniens et indiens, mais dans un style ostensiblement différent. Ce que d’ailleurs nous expliquera, Zahra Baran Taleb. Rencontrée sur place, cette artiste iranienne, nous a expliqué la particularité des miniatures iraniennes.

«Outre la créativité et le design, la conception méticuleuse reste la particularité de la miniature iranienne ; une conception basée sur l’utilisation des couleurs naturelles; issues de pierres précieuses ou de plantes.

Le choix des combinaisons de couleurs véhicule la personnalité de l’artiste, mais aussi, un bon choix du papier, et la quantité de matériau utilisé à l’instar de l’or», a-t-elle précisé. Et de s’expliquer également sur le choix des sujets des fresques iraniennes : «La majorité des sujets des miniatures iraniennes est souvent historique: guerre, couronnement… où la représentation des figures humaines est une caractéristique, une représentation qui a une place minime dans la miniature algérienne à titre comparatif ! Nous pouvons clairement voir le visage humain avec tous ses traits anatomiques légèrement accentuées».

Les représentants de la paix !

En effet, les artistes indiens se sont bien distingués par leurs dessins spirituels, des miniatures mettant en avant les croyances indiennes avec toute la symbolique de la cohabitation des divinités avec leurs ennemis sur terre. Un vrai message de paix qui a soufflé sur la ville antique. L’artiste Sanjay Kumar Soni, présent à l’évènement, n’a pas manqué de nous l’expliquer.

De son coté, Khsuh Narayan Jangid s’est exprimé sur la richesse du chromatisme qui caractérise la miniature indienne et l’usage des couleurs naturelles bien évidement, qui viennent sublimer la beauté des personnages. Il a aussi souligné l’illustration du naturalisme poétique ; un concentré de leur mythologie qui véhicule messages de paix et d’union.

Cette exposition qui dure jusqu’au 31 octobre, est un voyage exceptionnel en plein centre de Constantine, ouvert au grand public. Nul besoin de billets d’avion pour faire le tour du monde !

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Ilhem Chenafi

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