Les partis el les élus mis à l'index : Communes bloquées, l’Etat s’en lave les mains

Elwatan; le Mercredi 9 Janvier 2008
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«Le gouvernement observe
et attend plus d'efforts de la part
des formations politiques afin de régler ce problème», souligne Boukerzaza. N'aurait-il pas fallu anticiper sur une telle
situation de blocage, au lieu
de lancer aujourd'hui les sirènes d'une urgente révision des codes communal et de
wilaya, et laisser en jachère
le tiers des communes du pays ?

Il n'existe pas de disposition claire pour régler le problème des communes bloquées», telle est la réponse du gouvernement à la préoccupante situation de blocage que vivent plus de 500 communes du pays depuis l’élection du 29 novembre 2007, du fait de l'absence de majorité. Interrogé hier lors de son point de presse hebdomadaire, le porte-parole de l'appareil exécutif, Abderrachid Boukerzaza en l'occurrence, a donné cette réponse peu rassurante sur la capacité de réaction du gouvernement qu'il représente, semblant ne pas faire cas de la gestion des affaires locales, donc des instances les plus proches des citoyens.
Censé jouer le rôle d'arbitre dans pareilles situations, le gouvernement préfère jeter la balle aux partis politiques concernés par les cas de blocage. «Le gouvernement observe et attend plus d'efforts de la part des formations politiques afin de régler ce problème», souligne Boukerzaza sans s'attarder sur la manière avec laquelle ces mêmes formations arriveront-elles à s'entendre sur l'installation des conseils communaux.
Il se contentera d'émettre le souhait de l'amendement des codes communal et de wilaya, «cette situation conforte l'idée d'amendement de ces codes», dira-t-il. Mais la question est de savoir pourquoi le gouvernement a-t-il jugé inopportun cet amendement avant la tenue des élections de novembre 2007.
N'aurait-il pas fallu anticiper sur une telle situation de blocage, au lieu de lancer aujourd'hui les sirènes d'une urgente révision de ces codes, et laisser en jachère le tiers des communes du pays ? Encore une fois, le retard accusé dans la promulgation des nouveaux codes communal et de wilaya (CCW) pose un problème de rigueur, de sérieux et de promptitude dans la gestion des affaires publiques. Annoncé depuis dix années déjà, l'amendement des CCW reflète on ne peut mieux ce vacillement dont fait preuve l'actuel gouvernement qui a pris une fâcheuse habitude de faire des annonces en fanfare et de les contredire après. L'urgence consiste incontestablement aujourd'hui à trouver des solutions concrètes à cette situation de statu quo qui paralyse les affaires courantes des collectivités locales et par conséquent bloque le programme de développement dont le gouvernement clame pourtant la nécessité.
En attendant que le gouvernement se décide enfin à trouver un moment opportun pour promulguer les nouveaux codes communal et de wilaya, les citoyens devront, semble-t-il encore, subir le poids de ce retard accumulé au gré des années et attendre, deux mois après les élections, qui va être leur maire.

Le gouvernement dérouté par les prix

Interrogé sur le maintien de la barre élevé des prix des aliments de base sur le marché, Boukerzaza se portera en faux et affirme que la situation connaît une amélioration due aux dispositions de soutien de certaines denrées, comme la semoule. «Nous avons mis en place un mécanisme de contrôle de l'évolution des prix sur le marché. Des brigades mixtes composées d'agents du ministère du Commerce et de policiers ont été chargées de suivre de près l'application des dispositions prises par le gouvernement pour soutenir certains aliments», dira le ministre de la Communication.
Ce dernier exprimera toutefois une inquiétude de l'appareil exécutif sur la manière d'aborder l'évolution des prix sur le marché. «Doit-on soutenir les produits alimentaires ou augmenter les salaires en laissant le consommateur livré aux prix du marché libre, ou alors soutenir certains aliments et laisser d'autres ? Ce sont des questions qui restent posées au niveau du gouvernement», précise Boukerzaza, affirmant ainsi que l'Exécutif est bel et bien dérouté par la hausse des prix. Sur le pourquoi de la mise des imprimeries publiques sous sa tutelle, Boukerzaza affirme que son ministère ne prétend pas gérer ces entités publiques mais entend «apporter plus de transparence à leur fonctionnement afin de leur rendre leur vocation de société de communication et non commerciales». Il annoncera qu'un nouveau schéma directeur sera appliqué aux entreprises de presse publiques, et ce, après concertation avec les éditeurs.
noter que le conseil de gouvernement a examiné hier, entre autres dossiers, le nouveau statut particulier portant sur les corps communs de la Fonction publique ainsi que celui propre aux ouvriers professionnels, conducteurs et appariteurs.
Le secrétaire général du gouvernement, Ahmed Noui, qui a été à l'origine de ces textes adoptés hier, a précisé que des grades devenus obsolètes seront supprimés pour laisser apparaître de nouvelles dénominations de postes et de nouveaux barèmes de promotion plus adaptés à la volonté de modernisation de l'activité administrative.
Interrogé sur la polémique engageant le SG de l'UGTA et le directeur de la Fonction publique au sujet de la nouvelle grille des salaires, Ahmed Noui tiendra à préciser que ni Sidi Saïd ni Kherchi n'ont le pouvoir de décider, «la décision a été prise par décret présidentiel et se trouve consignée dans le Journal officiel. Le compteur des salaires a commencé à compter du premier janvier», conclut il.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nadjia Bouaricha

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