Malgré les assurances d’Algérie Poste : Des bureaux de poste n’encaissent plus les factures

Elwatan; le Dimanche 10 Avril 2011
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Les employés de certains bureaux de poste n’acceptent plus que les usagers paient les factures de consommations ménagères. Les clients du bureau de poste de Ouled Fayet n’ont pas pu s’acquitter de leurs factures d’électricité. «Des guichetiers ont refusé, la semaine dernière, de recevoir mes factures sans me donner d’explication valable. De nombreux clients, comme moi, ont été aussi rabroués sans raison apparente. Les agents auraient-il reçu une note ? Je ne le crois pas», signale une résidente de la cité AADL de Ouled Fayet qui se rend dans le bureau de poste de cette localité, sollicité par les nombreux résidents du nouveau site AADL. Les détenteurs de CCP, qui ont pris l’habitude d’honorer leurs factures dans les bureaux de poste, se voient  rabroués par les préposés aux guichets de nombreux bureaux. «Je suis étonné par cette nouvelle décision. Des agents refusent d’encaisser les factures. Cela nous oblige à patienter à l’agence Sonelgaz du quartier, c’est aberrant. Algérie Poste, Sonelgaz ou encore Seaal, qui ont signé des conventions pour faciliter la vie aux clients, doivent les informer si une décision a été prise», enrage un habitant de Oued Smar rencontré dans le bureau de poste exigu de la localité. Des agents affirment, sous le sceau de l’anonymat, qu’aucune décision n’a été prise. Selon eux, la prestation (acquittement des factures de Seaal, Sonelgaz et autres) est toujours assurée par les employés de l’EPIC. «Conformément aux conventions signées par notre direction, les factures sont toujours encaissées. Nos agents encaissent jusqu’à 4000 factures, toutes sociétés confondues, par mois. Des bureaux pour des localités de 10 000 habitants reçoivent seulement 200 factures. Le centre national de calcul affectera, comme convenu, les différents montants sur les comptes respectifs des services commerciaux ouverts des sociétés», assure un agent dont nous tairons le nom et la fonction. Les nombreux clients d’AP sont désolés par la situation du service public postal, qui s’est nettement dégradé depuis quelques mois. «Les bureaux de poste ont, chez l’Algérien moyen, mauvaise réputation. Au manque de liquidités récurrent s’ajoute l’exiguïté des lieux, la vétuste du matériel informatique et du mobilier ou carrément l’indélicatesse de certains agents qui souffrent de la charge de travail», relève un retraité de Belouizdad, «obligé de se morfondre» dans le bureau de poste. Des halls devenus «étouffoirs», malgré les quelques aménagements mal réussis engagés par la direction. La souffrance des clients est plus importante à la périphérie de la wilaya, à Baraki, aux Eucalyptus ou même à Staouéli, où les clients galèrent pour retirer leur argent. «Le manque de liquidités est un problème récurrent. On nous assure que les solutions interviendront avec l’émission du billet de 2000 DA, le 28 avril. Moi je n’y crois pas trop», tranche un habitant de Sidi Moussa, qui voit à chaque fois des files d’attente importantes. Des retraités, des femmes, des veuves de chahid impotentes, des étudiants ne perçoivent pas leurs pensions à temps. «L’Etat doit prendre en charge ce problème de liquidités et même la situation sociale des agents qui travaillent plus en acceptant les factures, mais qui n’ont rien en contrepartie. L’agacement est réel dans les bureaux de poste, véritable salle d’attente. Fau-t-il dissoudre l’EPIC qui a construit, pour épater la galerie, un siège immense au quartier d’affaires de Bab Ezzouar, inauguré récemment ?», s’interroge un ancien employé, retraité, qui éprouve lui-même, comble de l’ironie, des difficultés pour retirer sa pension. Nadir Iddir
 

Categorie(s): alger

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