Mandela, une marque qui vaut de l’or : Le 46 664 sur vos T-shirts

Elwatan; le Lundi 11 Avril 2011
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Si Nelson Mandela est célébré et honoré dans le monde entier, il faut bien avouer qu’il ne le doit pas à son style vestimentaire. Ses chemises bariolées, qui ressemblent à de vieilles tapisseries des années 1970, auraient même pu perturber la reine d’Angleterre lors de sa dernière visite à Londres à l’occasion de son 90e anniversaire en 2008.
Mais comme le vintage revient à la mode, un groupe de stylistes sud-africains a su remettre la «Mandela Touch» au goût du jour.
Achmat Dangor, président de la Fondation Mandela, vient de signer un partenariat avec la plus grande entreprise de textile sud-africaine, Seardel, en grande difficulté financière. Ensemble, ils distribueront une nouvelle ligne de vêtements à l’effigie de l’ancien président : 46664 Apparel Line. Enfin, à l’effigie, pas tout à fait. Depuis le concert en l’honneur de son 90e anniversaire à Londres, la Fondation veut faire du chiffre 46 664 (l’ancien matricule du plus célèbre prisonnier du monde) et sa main ouverte des outils marketing.

Une manière de ne pas exposer son visage et de protéger son image, comme le souhaitent ses avocats. «Le monde entier pourra désormais utiliser la marque 46664 comme un message pour faire le bien dans sa communauté», annonçait
Achmat Dangor le 9 mars dernier. En 2008, la Fondation Mandela annonçait encore qu’il était hors de question de faire un «business» autour de l’ancien combattant de la liberté. Toutes les reproductions affichant le visage de Nelson Mandela devaient être interdites, pour ne pas en faire un autre Che Guevara. Casquettes, T-shirts, posters pour ados en quête d’inspiration révolutionnaire, tasses à café (et même tabliers !) ont été retirés de la vente, pour ne pas faire de Madiba une icône mondiale bon marché.

Mais les bracelets Mont Blanc en platine à 8000 euros et désormais cette ligne de vêtements, deux produits lancés par la Fondation Mandela, ne rentrent pas dans la liste des objets interdits.Nelson Mandela a toujours fait savoir qu’il ne voulait pas être considéré comme une «idole». Pendant ses vingt-sept années de prison, le régime d’apartheid avait interdit toute diffusion ou reproduction de son visage. La médiatisation n’en a été que plus forte à sa sortie, car personne ne savait à quoi ressemblerait vraiment le «prisonnier le plus célèbre du monde».

Achmat Dangor confie sans cesse son «inquiétude de voir la marque Mandela commercialisée». Cette marque, déposée à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle de Genève, vaut de l’or. C’est pourquoi toute utilisation doit d’abord être approuvée par les avocats de Mandela, et une partie de l’argent reversée à la Fondation, qui contrôle d’une main de fer ce business très lucratif.
 

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